MEN) MER
nos jours, et l’on n’aura toujours qu'une colonisation languissante, étique, qui possèdera bien le souffle de La vie, mais jamais cette force, cette vigueur, cette exubérance que l’on remarque dans les colonies où le sang se renouvelle chaque jour, fourni par les grands centres qui sont le cœur de tout pays.
Au reste pourquoi insister là-dessus, quand tous les faits les plus palpables, les plus évidents s'unissent pour nous démontrer qu'il ne fut pas songer à coloniser autrement qu’à la vapeur un pays iminense comme le nord de la vallée de l'Ottawa ?
Pour s'emparer efficacement d’une contrée, il faut pouvoir y transporter rapidement et commodément tous ceux, de quelque état qu’ils soient, qui veulent s’y établir, les courageux, comme les moins braves et les plus timides ; car chacun aujourd'hui n’a que l'embarras du choix, aux Etats-Unis, à Ontario, ay Nord-Ouest dont les domaines encore inoccupés sont tous, même les plus éloignés, reliés par les chemins de fer aux grandes villes qui fournissent et commandent au commerce, à l’industrie, à l’état agricole, en un mot, aux besoins réels et impérieux de la vie de chaque jour,
Inutile donc de parler de coloniser ce grand, cet immense territoire inoccupé de l'Ottawa, si le pays, si nos gouvernants ne veulent pas faire comme les autres pays, comme les autres gouvernants qui créent des colonies par tous les moyens, au prix de tous les sacrifices imaginables; car il faut à une nation qui se multiplie, un champ d'émigration, de déversement ; autrement elle déborde et s'écoule au profit de l'étranger, souvent de l'ennemi, Ge champ, si une nation ne le possède pas sous la main, elle le trouvera, elle ’inventera,ou le conquerra au besoia par les armes; elle y mettra des ‘millions, soit, mais elle laura ; elle y sacrifiera des milliers de vies humaines pour en défendre l'entrée et en garder la possession, Ce champ nous l'avons près de nous,
pui nous touche ; mais il faut le mettre en communication journalière avec le reste de la civilisation, le rapprocher &e la société, lui infuser une aouvelle et plus grande vie, en un
D DNS PE AN CE ra EE (rs ir
—. ÜYJ —
mot le relier par un chemin de fer avec les grands centres de population de la Province.
L'idée d'un chemin de fer à travers le nord de la vallée de l'Ottawa, depuis St-Jérôme jusqu'au lac Témiscamingue n’est pas nouvelle. M. le curé Labelle et celui qui écrit ces lignes la laaçaient dans le public à une réunion tenue à l'hôtel Beaulieu, à St-Jérôme, en décembre 1831, Ces messieurs trouvaient, là, pour tout le pays de nouveaux et vastes horizons ouverts à la colonisation, avec lesquels s’étendraient bien loin derrière nous les limites connues de notre pays habitable. Le plan général frappa l'imagination de tous les assistants et distança d’un grand bout les plus modestes proportions du chemin de St-Jérôme à Ste-Agathe,
Le 14 février 1882, à la suite d'une grande assemblée politique tenue par lhonorable M, Chapleau, à Ste-Adèle, M. le curé Labelle revient de nouveau à la charge et fit connaitre ce projet de la manière suivante:
Le chemin de fer que je voudrais voir construit, partirait de Montréal (il est déjà fait jusqu'à St-Jérôme) et irait jusqu'au lac Témiscamingue ; de là il pourrait se souder aux voies de l'Ouest ; de là encore, et ce serait le point le plus rapproché, l’on pourrait pousser un embranchement jusqu’à la Baie d'Hudson. Voilà pour l'Ouest. Du côté de l'Est, qui nous empêcherait de traverser les Laurentides pour arriver jusqu'à la région du lac St-Jean. Notre chemin trouverait là une descente jusqu'à Québec; il pourrait en trouver encore une autre en deçà par le chemin des Piles à Trois-Rivières.
Cette voie serait ainsi la plus courte pour tout l'immense trafic de l'Ouest. Vous pouvez concevoir de quelle importance serait cette ligne, sans parler du travail local et du développement incomparable qu'elle créerait sur son parcours tant pour la colonisation et l’agriculture que pour l'industrie, car la plupart des rivières que l’on rencontre à cette distance sont coupées de rapides et de chutes qui forment des pouvoirs hydrauliques d'une valeur incaiculable,
Voilà l’idée, voilà le plan, il est grand comme l'avenir de la Province, mais un jour il sera réalisé. Les Laurentides auront leur Pacifique comme les Provinces de l'Ouest et comme Ontario, Cela prendra du temps sans doute, mais un jour on verra le couronnement de cette grande œuvre. Et cette ligne, M. le Président et Messieurs, nous donnera tant de forces, qu’on ne saurait les calculer et qu'il n'y aura aucune puissance sur terre pour nous disputer l'empire de cette Province de Québec, notre patrie.”
En mars 1882, l’on présenta à la Législature, une requête rédigée par M. Labelle, signée par presque tous les colons du nord de Terrebonne et de la Rouge demandant de l’aide pour un chemin de fer s'étendant jusqu'à Maniwaki et du lac Témiscamingue. On y remarque le passage suivant :
‘“ Que cette grande amélioration changerait la face des Laurentides en y plaçant une population prospère, féconderait l’industrie, activerait l'exploitation des mines, donnerait à Montréal, un commerce immense par la création de 200 à 300 nouvelles paroisses el contribuerait puissamment à arrêter le fléau de l’émigration qui sévit dans les vieilles paroisses faute de routes, d’arpentages, de voies faciles de communication pour établir le domaine de la couronne par ses propres enfants, qui sont doués au plus haut degré de toutes les qualitès nécessaires pour défricher ces excellentes terres,”
En 1883, tous les pouvoirs de la compagnie constituée en | 1869 sous le nom de ‘La Cie de chemin de Colonisation du | Nord de Montréal” furent conférés à la compagnie actuelle connue sous le nom de “ Cie de chemin de fer Montréal et Occidental.”
Voici ce que nous trouvons au chapitre 62, Slatuis du Ga- | nada, de cette annnée : A...
« Considérant que la compagnie de chemin de fer de Montréal, Ottawa et Occidental a représenté, par sa requêle, que pour promouvoir les inté. rêts de la Colonisation dans cette partie de la Puissance du Ganada située au nord et à l'ouest de la rivière Ottawa, il est nécessaire d’y bâtir un chemin de fer, etc,elc........
# 10. La dite compagnie est par le présent autorisée à prolonger sa dite ligne de chemin de fer depuis la paroisse de Ste-Agathe, dans le comté de ‘A Terrebonne, en passant par la valléé de rivière Rouge jusqu'à la Gati. nil neau, dans ou près le canton de Maniwaki, dans le comté d'Ottawa, et de
LR VENDRE RRT EST
He SMS
DE
: ous orne BE Base dre + à - EE mm TRE Aer ere eSee : ñ
AE. go
là jusqu'à un point de raccordement avec le chemin de fer du Pacifique entre les lacs Nipissingue et Témiscamingue, avec pouvoir d'acquérir par achat ou autrement toute ligne ou partie de ligne de chemin de fer entre la ville de St-Jérôme et la cité de Montréal."
Depuis cette époque, le projet a fait du chemin. Le gouvernement fédéral Ottawa) a reconnu l’importance majeure de la ligne et l’a dotée de $5,161.00 par mille jusqu'à la Chute aux Iroquois, soit une distance de soixante et dix milles.
La même année, le gouvernement Ross (Québec) complétait le subside en argent jusqu'à Ste-Agathe, soit 30 milles, en le portant à $4,000.00 et s'engageait aussi à mettre la compagnie sur le même pied que celle du lac St-Jean, aussitôt le chemin de cette dernière terminé, c. a. d, qu’ devait donner 85,000.00 par mille pour 70 milles et 5,000 acres de terre, aussi par mille sur le même parcours,
Si nous sommes bien renseigné, le gouvernement provincial actuel vient de remplir cette promesse de san prédécesseur, ce qui assure la construction du chemin jusqu’à la Chute aux Iroquois. Nous souhaitons qu’il en soit ainsi et dans ce cas, nous devons dire aux deux gouvernements avec la moitié de la population de cette Province qui est intéressée à la réalisation de ce grand projet national, qu'ils ont bien mérité du pays en prenant ainsi la cause de l'établissement
de notre Nord-Ouest provincial. F
L'entreprise est,actuellement entre bonne mains puisqu'elle est confiée à lun de nos hommes de chemins de fer, jeune encore mais qui à déjà fait sa marque et a su monter au premier rang dans ie monde de ceux qui se dévouent à cette branche difficile, souvent ingrate, dans notre pays, de l'in-
dustrie humaine. Nous voulons dire M. H.J9, Beemer qui:
aura fini tantôt la construction du chemin du lac St-Jean et de celui de Jonction du Pontiac et Pacifique, Ces deux entreprises conduites à bonne fin, en très peu de temps, quand plus d’un entrepreneur avait échoué, font mieux que toutes nos paroles l’éloge de M. Beemer,
Le bureau de direction de la compagnie est, en outre de
M. Beemer, composé de
L'honorable M, J, A, Chapleau, président,
J. À. Desjardins, V.-P., M. P, L. Massuo, directeur, M. Laurent, # Dr T. A. Brisson, P.S. Murphy. Arthur Fiset, G. A. Nantel, M. P, P.
M. E. Rodier est le secrétaire de la compagnie,
L'exploration préliminaire a été faite par M. Vannier jusqu’à la Chute, en 1885 et 1886, La localisation définitive du tracé et les plans et profils ont été terminés sur un espace de trente milles, jusqu’à Ste-Agathe, par MM, Tarris et Garden. Ge dernier vient de recevoir instruction de pousser la localisation finale jusqu’à la Chute aux Iroquois. Plus de 80,000 traverses de chemin de fer sont coupées actucilement dont 40,000 sont déjà livrées à la compagnie en outre d’une quantité considérable de bois long consistant en pilotis pour ponts, poteaux de télégraphe et de clôture, Bref, plus de $60,000.00 ont déjà été dépensées sur la ligne dont les travaux de terrassement seront commencés cet automne ou de honne heure au printemps pour se poursuivre activement jusqu’à leur parachèvement,
Les subsides des gouvernements, l'énergie, le travail! des directeurs, l'influence considérable du président, la bonne volonté des municipalités qui seront prèles au besoin à faire leur part de sacrifice, mais surtout lhabileté consommée et l'expérience du constructeur, ses rélations d’aftaires, le crédit dont il jouit si légitimement dans le monde des chemins de fer, tout nous dit que la ligne sera terminée dans une couple d'années sur toute sa rremière section, €, a, d. jusqu’à la Chute aux Iroquois.
Puis, le bien incalculable que fera c° premier tronçon ; l'essor, qu'il imprimera à la colonisaiion de la Rouge, de la Nation, de la Lièvre, vont faire désirer la poursuite immé-
parer
diate du projet jusqu'à Notre-Dame du Désert ; et, rendu là, le pays sera si beau, si fertile, ses progrès si rapides; grâce aussi à la construction du chemin de la Gatineau qui doit se rendre au nôtre, il y aura tant d'impulsion dans le nord de l'Ottawa du côté du Témisçamingue qui nous donnera la main, que le reste du chemin se complétera avant longtemps, non plus à travers un pays sauvage et inhabité, mais au milieu d’une superbe région de terre où depuis longtemps auront pris pied les intrépides avant-gardes de la colonisation,
Voilà comment les choses devront se passer, chez nous, si nous voulions imiter nos entreprenants voisins, Quoiqu'il en soit, tout concourt pour activer celte entreprise ; c’est la seule qui nous reste digne d'absorber le travail et les efforts de la nation, à la suite du Grand-Tronc, de l'Intercolonial, du Pacifique, de la Rive-Nord, du lac St-Jean. Les besoins inimédiats de la colonisation l'imposent aux gouvernants, et comme cette œuvre est nationale,tout le monde, gouvernants comme gouvernés, se concertera pour en assurer l’accomplissement immédiat,
Le commerce, sans nul doute, tirerait grand profit de la construction de ce chemin, car.il ne faut pas oublier que cette voie, se rendant an Nord-Ouest, par le nord du lac Témiscamingue, vient en ligne droite à Montréal, et qu’en passant au nord du Nepigon, on évite un immense pays sauvage, inculte, des plus ingrats qu’il soit possible de voir,
pour pénétrer jusqu'à la capitale du Manitoba par un pays.
des plus propres à l’agriculture. Cest bien de ce côté qu'est la route de l'Ouest que l’on a méconnue lors de la construction du Pacifique au grand détriment de la compagnie ellemême et de l'expansion des nouvelles colonies depuis Matawan, En effet, voici ce que nous lisions de ce pays, dans un journal fort au fait de toutes ces questions, le Colonisateur Canadien :
‘Tout le pays que traverse le Pacifique sur ce parcours, entre Montréal et Winnipeg, est ce qu'il y a de plus propre à donner une impression peu
EL
NS