‹ Notre paysChapitre 4 sur 25 · COMME UN VASTE JARDIN · texte numérisé non relu

COMME UN VASTE JARDIN

Il est aussi comme un vaste jardin...

Les premiers feux en pénètrent les branches

Et les gazons luisent d'éclairs soudains :

Les dahlias, les iris, les pervenches,

L'ombre des marronniers et des tilleuls,

L'eau qui sommeille et les roseaux qui penchent,

Le bégaiement des tiges et des feuilles, Un cri d'oiseau, les ailes qui s'ébattent, Les coins épais de fraîcheur et d'accueil,

L'insecte d'or et l'insecte écarlate, L'orgue confus des faiseuses de miel, Le souffle chaud des coupes d'aromates,

Les fils de Vierge aux fenêtres du ciel, Le sable lin qui ouate les allées, Le temps discret et confidentiel,

Tout le jardin est une grâce ailée, Tout le jardin est un rêve glisseur, Un souvenir de fillette exilée...

Il est aussi

De clairs enfants, les frères et les sœurs,

Y vont courant, dansant, chantant des rondes,

Sous les rameaux tendres et caresseurs :

Des rayons bleus parmi les tresses blondes, Le bref éclat des voiles argentés, Frémissement de nageoires sous l'onde,

Les mouvements souples et concertés, L'eau ruisselante et si pure des voix, Grâce, mesure et simple dignité,

Vieilles chansons, nous n'irons plus au bois Et les cent ans que dormit cette Belle, Et la Bergère et le Prince et le Roi,

Les pas hardis, les courses, les/querelles, Brises passant en rapides bouffées, Et l'or divin qui jaillit des prunelles,

Les bras ballants, les têtes décoiffées, Les doigts unis, les cercles, les poursuites, Les grands saluts qu'enseignèrent les fées,

Brocéliande, Urgèle, avec leur suite, Les elfes roux se nichant dans les fleurs, L'ogre qui ronfle et les marmots en fuite,

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