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L’ INDO-CHINE

Comme son nom l’indique, PIndo-Chine unit l’Inde à la Chine. Sur la ligne de contact, trois groupes d’Etats ont résisté jusqu’à ce jour, au moins partiellement, à l’invasion anglaise, qui a gagné le milieu et l’extrémité de la longue et étroite presqu’île de Malacca : ce sont, au nord, la Birmanie; au midi, quatre petits Étals; à l’est, le royaume de Siam, qui se prolonge sur la péninsule annamite. Au delà, on se trouve en pays pleinement indépendant, entamé seulement par la domination française, en Cochinchine.

La Birmanie (ou royaume de Birman), comme le Népaul

1 Et même 445 millions, d'après le recensement de 1859 .

et le Boutan, a abrité ce qui lui reste de territoire indépendant au sein des profondes vallées et sur les hauts sommets des rameaux de l’Himalaya. La population comprend 5 à 6 millions d’habitants, affiliés par le sang à la race jaune, mais modifiés par le contact de la civilisation hindoue : leur écriture dérive du système indien; leur langue sacrée est le pâli, un des plus anciens dérivés du sanscrit ; le culte de Bouddha règne presque seul. Le pays, montueux vers le nord, s’ouvre en plaine sur le golfe du Bengale qui reçoit les eaux de ses deux principaux fleuve-, l’Iraouaddy et le Salouen. Sur le cours du premier s’élève la ville importante d’Ava, jadis capitale, celle d’Amarapoura, «l’égale grandeur, et non loin de celle-ci, la capitale nouvelle, Mandalé. Bbanno, au voisinage de laquelle gisent de riches mines d’argent, est, dans la haute région, l’entrepôt dn commerce avec la Chine, vers laquelle les Anglais ont en vain cherché jusqu’à ce jour un passage par la voie fluviale.

Les Etats malais indépendants forment la partie méridionale de la presqu’île de Malacca, sous les noms de Pérak, Salangore, Djohor et Pahang : ils sont peuplés de Malais et d’une autre race indigène, à type négroïde, habitant dans les bois et portant les noms de Krians, Samangs ou Marvas et de Jackoorfi. Des rajahs gouvernent chacun de ces Etals, et résident dans des villes de même nom.

Le royaume de Siam a, par l’étendue du territoire, le nombre des habitants, par les rapports qu’il noue volontiers avec les peuples de l’Occident, le caractère d’un véritable Etat. Il est gouverné par deux rois, dont le second n’est qu’une sorte de vice -roi sans pouvoir. L’armée se compose de 2ü à 25,000 hommes d’infanterie et d’artillerie, renforcés d’un corps de 400 femmes destiné à la garde du roi, et d’un corps de 400 éléphants de combat et de 400 éléphants de transport. La marine comprend une vingtaine de frégates et corvettes, 500 barques de guerre et quelques bâtiments à vapeur construits sous la direction d’ingénieurs européens!

La population se compose en majorité de Thaï (libres), indigènes très-mêlés -d’éléments malais et chinois, et en minorité de Laotiens, qui habitent les montagnes peu connues du Laos, dans l’intérieur. Sa principale ville est la capitale Bangkok, avec 300 à 400,000 habitants (dont la moitié sont Chinois), sur le fleuve principal du royaume, le Méinam, instrument d’un commerce considérable avec la Chine.

Le royaume de Cambodge, arrosé par le Mékong, est gouverné par un prince qui s’est mis sous le protectorat de la France, pour échapper à la suzeraineté que réclamait visà-vis de lui le roi de Siam. L’élément indigène, race annamite, y est très-mêlé d’éléments chinois. Sa capitale Oudong, peuplée de 12 à 15,000 âmes l , est située sur le Mésap, affluent du Mékong, qui sort d’un grand lac de l’intérieur, appelé Touli-Sap, sur les bords duquel sont éparses les ruines du temple bouddhique d’Ankhor, monument d’uneantique et mystérieuse civilisation.

Le royaume d’ÀKNAM ou Empire annamite, plus connu sous le nom de Cociiinchine, comprend au nord un pays que les missionnaires catholiques ont rendu populaire en Europe, le Tonquin. Les proscriptions dont ils ont été victimes ont engagé, il y a une dizaine d’années, la France et l’Espagne à unir leurs forces contre le souverain de ce pays pour obtenir justice. Leurs armes ont aisément triomphé des soldats ennemis, plus difficilement du climat, et l’on a dû abandonner le beau port de Tourane, après en avoir bombardé et détruit les forts. Pour gage de l’exécutions des traités, la France s’est fait livrer l’extrémité méridionale de la péninsule annamite, où elle s’applique à fonder une colonie qui est en voie de rapide progrès.

Le royaume d’Annam, habité par des Annamites, mêlés de Chinois dont l’influence a prévalu dans la langue, l’écriture et la religion, est gouverné par un sultan qui ré-

1 Récemment le roi Voradon a transporté sa résidence à Pnom-Penh, reste d’une grande cité de 50,000 âmes.

L’ASIE ORIENTALE ET SEPTENTRIONALE . tiül

side à Hué, sa capitale, grande ville fortifiée à la fin du xvm° siècle par des ingénieurs français. Le Tonkin a une ville, nommée Ketcho, dont la population est évaluée à

50.000 âmes. La chaîne longitudinale qui forme l’arête du Tonkin et de la Cochinchinc est un rameau des derniers chaînons de l’Himalaya. En 1866 et 1867, une expédition française, après avoir remonté le cours du Mékong, sous la direction de MM. de Lagrée et Garnier, a franchi les nœuds d’attache des deux systèmes, et a pu descendre dans les vallées de la Chine, pour regagner par mer son point de départ, Saigon, capitale de la Cochinchine française.

Cette récente acquisition coloniale de la France, la Cochinchine, développe ses rivages entre le golfe de Siam et la mer de Chine, où ses fleuves versent leurs eaux sur un rivage d’un facile accès. Elle se compose de six provinces, trois conquises par la guerre, trois annexées plus tard, sans compter l’île voisine de Poulo-Condor, qui en dépend. Le riz est la principale production du pays, et entretient un grand commerce extérieur. La ville capitale est Saigon, peuplée de 8 à 10,000 âmes, et son faubourg Cholen, qui forme une ville à part, en grande partie chinoise, de 15 à

20.000 habitants. Interposée entre l’Inde et la Chine, la colonie française peut devenir un centre commercial de premier ordre, et rendre à la France le rôle qu’elle a perdu dans l’Inde. Riz, cannes à sucre, aréquiers, cotonniers , denrées alimentaires, bétail, tout s’y trouve en abondance; et la situation maritime décuple le prix des richesses du sol.

L’EMPIRE CHINOIS (Empire du Milieu).

Le plus ancien et le plus peuplé des empires du monde, l’empire chinois en est aussi l’un des plus vastes, car il ne couvre pas moins de 10 millions de kilomètres carrés, ce qui est vingt fois la grandeur de la France, l’équivalent de l’Europe entière, presque le quart de la superficie de l’Asie; ' il n’est dépassé que par l’empire russe, qui en a 20 millions, en comptant, il est vrai, les solitudes glacées, dépeuplées et stériles de la Sibérie.

L’empire ilu Milieu se compose de la Chine proprement dite, et d’une annexe, la Mandchourie. Il a de plus, comme tributaires, tous les pays du plateau central, le Thibel, la Mongolie, et naguère la Tartarie chinoise, dont le vasselage ne détruit pas l’autonomie, ce qui invite à les étudier séparément. Le gouvernement est aux mains d’un empereur héréditaire, exerçant sur tous ses sujets l’autorité suprême du père dans la famille, avec l’assistance d’un conseil de ministres; il est souverain absolu, mais non despote, à l’image de la paternité et de la vieillesse, qui sont là, plus qu'en aucun pays de la terre, toutes-puissantes et vénérées. Ce principe de gouvernement est fortifié par la hiérarchie la plus régulière et la plus démocratique, en apparence, qui existe; mais elle a pour effet la consécration de la routine bien plus que le progrès réformateur et novateur. Aussi la Chine, après avoir, dès une haute antiquité, atteint un niveau élevé de civilisation, s’est-elle engourdie dans une immobilité de vingt siècles, de quarante peut-être. Elle a dû recevoir de l’Europe l’initiation aux sciences, qu’elle a su féconder sans pouvoir s’élever jusqu’aux sommets de l’art; et quant à sa littérature, inaccessible au reste du monde à cause de son écriture tout idéographique , elle tire son principal mérite du nombre des livres bien plus que de leur valeur intellectuelle.

L’économie productive de la Chine mérite au contraire une haute estime. Sur un territoire de 3,1106,000 kilomètres carrés vivent 400 millions d’habitants, presque le quart de la population terrestre, soit une densité de 120 habitants par kil. carré, rapport qui suppose une grande et générale habileté à tirer parti de toutes les ressources du sol. C’est en effet à quoi excellent les Chinois. Leur agriculture, fondée sur la petite propriété, atteint des résultats admirables, grâce aux soins minutieux donnés aux travaux, à l’emploi des engrais les plus énergiques, au système bien entendu des irrigations. Elle s’applique à toutes sortes de produits, parmi lesquels il suffit de citer le riz, le coton, le sucre, le tabac, le thé, le bambou, le pavot. L’étendue de la culture et le morcellement extrême du sol supprimant

loule jachère, et même les pâturages et les prairies, le bétail est rare, plus dans la plaine que sur les montagnes, plus dans le midi qu’au nord : pour la nourriture, les plateaux environnants y suppléent. L’industrie n’est pas moins développée, et plusieurs de ses produits, tels que les laques, les soies, les porcelaines, sont recherchés en Europe. Les Chinois exploitent des mines de houille et de la plupart des métaux précieux ou communs. Le commerce trouve un inépuisable aliment dans celte variété de richesses, dues autant à l’ingénieux et incessant labeur de l’homme qu’à la diversité des sols et des climats sur un territoire qui embrasse vingt degrés de latitude et autant en Iqngitude, et qui, pour la hauteur, s’élève du niveau de la mer jusqu’à 3,000 et 4,000 mètres sur plusieurs points des trois chaînes principales (Pé-king, Nan-ling, Yu-ling), qui se détachent du massif oriental du Tliibet. Les eaux, très-moissonneuses et couvertes d’habitations flottantes, y ajoutent leur tribut. Pour les communications, la Chine dispose d’un réseau hydrographique des plus complets, où l’œuvre de l'homme s’associe à l’œuvre de la nature, en reliant par des canaux, en améliorant par des travaux publics, les fleuves, les rivières, les lacs. La forme du littoral n’est pas moins favorable au commerce extérieur, à la pêche, à la navigation, qui a souvent dégénéré en piraterie. Du midi au nord, sur une ligne sinuée et dentée de plus de 4,000 kilomètres, se succèdent les profondes échancrures, golfe de Tonkin, baie de Canton, golfe de Tché-kiang, golfe de Petchéli, et sur tout le pourtour, des embouchures de fleuves, tels que le Hoang-ho (fleuve Jaune), le Yang-tzé-kiang (fleuve Bleu), le Hoang-pou, le Tsien-tang et bien d’autres , accessibles aux navires sur de grandes longueurs de leur cours. Ses Mes (Jfaïnan, Macao, Hong-kong, Fonnose) sont trop peu nombreuses, et l’archipel japonais trop éloigné, pour avoir influé sur la navigation : le cabotage a dù y suffire. Malgré tant d’avantages, le commerce. extérieur ne paraît pas dépasser 2 à 3 milliards, à cause de l’isolement où, jusqu’en ces derniers temps, la Chine s’est tenue vis-à vis de l’étranger. Les provenances de l’Angleterre comptent pour les

sept huitièmes dans les importations, évaluées à plus de la moitié du mouvement commercial; les thés et les soies composent la principale partie de l’exportation. La navigation a employé 29,000 navires jaugeant G millions de tonneaux, en majeure partie anglais et américains. L’importation se fait à peu près entièrement par l’entremise des deux grandes places de Hong-kong et de Shang-haï, où les marchands chinois viennent s’approvisionner de première main. L’exportation se fait plus directement de chacun des ports de la côte, entre autres de Fou-tcheou et d’Amoy, de Canton et de Swatow. D’autres villes sont ouvertes au commerce européen : Tien-tsin, connue par son traité, Kieoukiang, Ning-po, Tché-fou, Takou, Tching-kiang , Ilankao, Tamsul, et en outre Tai-ouan dans File Formose, Kioung-lcheou dans l'ile Ilainan, Niou-tchouang en Mandchourie. Les douanes et les autres impôts élèvent le revenu public à üOO millions de francs, taux fort modéré.

Le fonds de la population chinoise appartient au rameau sinique de la race jaune, qui occupe, pur de tout mélange, la Chine septentrionale et le bassin du Hoang-ho. Dans la Chine méridionale, l’élément conquérant s’est mêlé avec la population indigène, antérieurement établie, probablement de souche Ihibétaine, et dont les débris à demi sauvages (Miao-tse), refoulés par l’invasion, se sont réfugiés dans les hautes montagnes, et dans les îles Formose et Ilaïnan. Enfin de nombreux courants d’émigration par terre et par mer ont porté de tout temps les Chinois, et aujourd’hui plus que jamais, vers l'Indo Chine et jusque dans l’Inde, vers Farcliipel de la Sonde et l’Australie, et par delà le Pacifique, en Californie, dans l’Amérique centrale, au Pérou et au Chili. S’infiltrant parmi les populations européennes, les Chinois se chargent, sous les climats chauds, de tous les travaux pénibles, humbles et peu payés, quoique leurs chefs s’emploient avec habileté aux entreprises commerciales de la plus haute portée. Le personnel du gouvernement et la haute administration, ainsi que l’élite de l’armée, sont originaires de la Mandchourie, dont les princes conquirent la Chine en 1610, et en sont depuis lors restés les maîtres.

Les troupes mandchoues comptent 00,000 soldats sur les 250 à 500, 000 qui composent l’ensemble de l’armée.

Outre l’administration, l’unité de l’empire du Milieu, comme on l’appelle, est établie par la langue mandarine qui est parlée par tous les gens instruits et comprise dans toutes les provinces, à la différence des dialectes locaux qui varient de province en province. La religion y est un second lien d’unité , mais moins absolu, parce qu’elle se divise en trois grandes doctrines : celle de Confucius (Kong-foutseu), religion officielle, dont le fils du soleil (l’empereur; et les mandarins sont les chefs, doctrine morale plutôt que théologique; ld religion de Ko ou bouddhisme, dont le foyer est au Thibet, et la doctrine du Tao, sorte de panthéisme rationaliste qui dérive en partie du bouddhisme. L’islamisme s’est introduit par des essaims musulmans venus d’Occident et mêlés aux indigènes; le christianisme, par la prédication des missionnaires ; depuis les traités de Canton < 18 14-1815) et de Tien-tsin (1858), conclus sous l’influence de la France, les prêtres catholiques, autrefois accueillis avec honneur, puis proscrits, sont tolérés, et leur culte autorisé.

Une population de 400 millions d’âmes resserrée sur son territoire ne peut manquer d’ayoir beaucoup de grandes villes, parmi lesquelles nous ne citerons que les suivantes :

Dans les provinces maritimes, Péking, capitale de la Chine, grande ville de 2 millions d’habitants; Nan-King, (1 million) ; Sou-lchéou, à laquelle on attribue 3 millions d’habitants; Yang-Tcheou (2 millions), Hang-Tcheou

(1.200.000) , Ning-po (300,000), Fou-Tcheou (000,000), Tchan-Tcheou (350,000), Canton (1 ,500,000), Kiong-Tcheou

(100.000) , et une multitude d’autres, dont le nom dirait peu de chose à notre esprit. Ne nommons plus que les trois villes voisines, et situées dans l’intérieur : Outchang, Han-Kad et Ilan-yang, dont la population réunie s’élève à 3 ou 4 millions, et qui forment l’entrepôt du commerce intérieur de la Chine, qui s’effectue par le Yang-tse-Kiang, par ses affluents et par de nombreux canaux.

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Sur le littoral les Européens possèdent quelques colonies OU CONCESSIONS.

Depuis le xvii e siècle, les Portugais occupent Macao, ville maritime de 35,000 habitants, située dans une petite presqu’île qui se trouve à l’extrémité méridionale de l’iledu même nom.

Les Anglais possèdent, depuis 1840, Pile de Hong- Hong (capitale Victoria, ville de 70,000 habitants), position militaire autant que commerciale qui -commande l’entrée de la baie de Canton; et depuis 1860, la presqu’île de Kaou-Long (Cowloon), séparée de Hong-Kong par un détroit de peu de largeur. La colonie anglaise compte plus de 120,000 habitants. — Les Anglais ont obtenu, dans la ville de Han-Kao, une concession de terrain où se sont fondés des établissements européens.

A côté de Shang-haï, les Américains, les Anglais et les Français possèdent aussi des terrains où s’élèvent des villes do chacune de ces nations, gouvernées par des consuls et gardées par les escadres des trois nations.

Sur la côte septentrionale de la presqu’île de Clian- Toung, dans le golfe de Pctchili, dans les petites îles de Chefon, la France et l’Angleterre ont chacune un dépôt cédé par la Chine à titre de location.

Enfin la France a une factorerie à Takou, bourgade sur le Pci-ko, le fleuve de Péking.

La Mandchourie s’est trouvée annexée à la Chine par la conquôle qui, au xviu' siècle, a mis le gouvernement suprême de l’empire aux mains des guerriers mandchoux. Mais de récents traités ont cédé une partie de la région maritime à la Russie, dont la limite méridionale s’étend jusqu’au 43° de latitude, où les noms de Mouravief, Yladivostock, Pierre le Grand témoignent de l’influence moscovite. La Mandchourie est un grand pays, bien encadré de montagnes, baigné par le fleuve Amour, peuplé d’environ 2 millions d’habitants mandchoux et chinois. Les premiers, adonnés à la conduite et à l’élève des troupeaux, mènent une vie à demi nomade ; les seconds envahissent

peu à peu la Mandchourie, substituant partout le travail de la culture et de l’industrie à l’oisiveté de la vie pastorale. Aussi les voit-»n, d’annee en année, prendre possession de la terre d’où leurs maîtres sont sortis, il y a deux siècles.

La grande presqu’île de la Corée, entre la Mandchourie et la Chine, généralement considérée comme tributaire de la Chine, paraît en être indépendante : du moins l'empire chinois s’est abstenu de toute intervention et de toute réclamation de souveraineté, lors des récentes mesures prises par la France pour obtenir réparation de quelques injures faites à notre marine par des Coréens. Le pays est gouverné par un roi indigène, qui réside dans une capitale nommée Hang-Yang. Les ports sont ouverts au commerce étranger, qui n’a pas encore noué de nombreuses relations. Cependant si la population est, comme on le présume, de 7 à 8 millions d’habitants, et de race chinoise plus ou moins pure, elle peut fournir tous les éléments d’un négoce important.

Les trois États qui suivent, répartis sur le plateau cen- * tral, ne dépendent de la Chine que par un lien de vasselage, dont témoigne un tribut. A cela près, leurs princes politiques ou religieux administrent librement leurs sujets. >

' Le Tuidet, pays très-élevé et très-froid, traversé et entouré de montagnes aux neiges éternelles, est le foyer principal du bouddhisme, dont le pontife suprême est le dalaï-lama, investi du pouvoir de nommer le nomeRhan, chef temporel, et dont les lamaseries sont les temples, lieux de saints pèlerinages pour tous les fidèles des pays bouddhiques. Le dalaï-lama réside à Lhassa, capitale du Thibet, ville de 40,000 âmes, qu’enrichissent le commerce et la fabrication des objets du culte. C’est de Lhassa que partent les caravanes, composées de 2 à 3,000 hommes armés, et de milliers d’yaks, de chameaux et de chevaux, qui font le commerce de la Chine avec le Thibet.

Au nord du Thibet, la Mongolie occupe toute la partie septentrionale du plateau central de l’Asie sur une supef-

licie d’environ 9 millions de kilomètres carrés, parcourue par 8 millions d’habitants, qualifiés de Tartares ou Tatars, appartenant à la branche mongole de la race jaune, et divisée en trois grandes familles : les Khalkhas ou Mongols jaunes, les plus nombreux; les Kalmouks, et les Ordous, qui se subdivisent en tribus, pour la plupart nomades et pastorales. La Mongolie est la terre des pâturages, une steppe herbacée, saline, marécageuse, sablonneuse, livrée aux troupeaux et aux tribus nomades, parsemée de lacs et baignée de quelques cours d’eau, à une altitude de 800 à 1 ,200 mètres. De là, comme d’une inépuisable pépinière d’hommes, sont sorties, aux divers âges de l’histoire, des hordes de sauvages et de barbares qui ont débordé sur l’Asie et sur l’Europe. Pour se défendre contre leurs incursions, les Chinois ont élevé une grande muraille, longue de 4,000 kilomètres, qui borne l’empire au nord. Les noms de Tamerlan et de Gengis-Khan, précédés, à une date plus ancienne, de celui d’Attila, rappellent les chefs les plus fameux de ces expéditions, vrais fondateurs d’empires.

A l’ouest de la Mongolie, le Turkestan chinois ou Thian- •ciian-nan-lou, ou Petite Boukiiauie, déroule ses landes et ses plaines habitées par des indigènes qualifiés de Tarlares, en qui domine l’élément mongol, mêlé à quelques familles de race tadjike et à de nombreux Chinois. Yarkand, capitale du Turkestau chinois, est une ville de 50,000 âmes, centre du commerce que les caravanes du pays font avec la Chine. Depuis quelques années, les indigènes, ainsi que ceux de la Dzouncarie, ont reconquis leur indépendance.

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