CHAPITRE XVII
l’asie orientale et septentrionale
Le reste de l’Asie est occupé par la race jaune, qui s’étend sur le plateau central du continent, et sur les versauts ■oriental et septentrional , mêlée avec la race blanche sur la ligne des frontières de terre, régnant seule sur les frontières de mer et à l’intérieur.
Ses premières traces apparaissent, à des dates et en des lieux encore indéterminés, siir le plateau central qui, s’élevant jusqu’à 3 à 4,000 mètres de hauteur, s’incline vers l’orient à 800 et 1,000 mètres. Il est divisé partie en bassins fermés, partie en vallées divergentes ou parallèles, par des chaînes qui partent de l’Hindou-Kouch, par le 35 a de latitude nord et le 70° de longitude orientale, comme d’un noeud de rayonnement, et marquent de leurs arêtes saillantes tout le relief du continent, présidant aux émigrations des peuples et à la formation des Etals. On y distingue cinq grandes lignes du sud au nord : 1” la colossale barrière des Himalaya, dont les derniers chaînons se replient à angle droit sur la presqu’île de Malacca et se ramifient sur l’Iudo-Chine et la Chine ; 2<> et 3° les monts Karakouroun et lesKhouen-loueu ou Koulkhouu, quienceignent le Thibet, et projettent leurs contre forts sur les provinces occidentales de la Chine; 4° les monts Célestes (Bolor, Mouz-Tagh, Thian-Chan, Khang-Hai). qui limitent au nord les déserts sablonneux ; 5° les Ala-Tau et Altaï, dont les prolongements, sous les noms de Sayansk, Kentaï, Yablonoî, Stanovoï, ferment la Sibérie au sud, et se rattachent aux
monts de la Chine, par les Khiang-Han et les In-Chan, qui ferment à l’est le désert de Gobi. Du nœud de l’Hindou- Khouch quelques chaînons de moindre étendue courent à travers le Turkestan, l’Iran et l’Inde occidentale, où nous avons constaté leurs saillies (Khorassan, Demavend, Soliman, Hala). Des hauts sommets et des terrasses étagées de ce système orographique coulent, comme du sein des Al pes, les grands fleuves qui recueillent les eaux des glaciers, des neiges, des pluies, dans ces régions livrées aux frimas et aux tempêtes. Nous avons nommé ceux des versants de l’ouest et du sud; les autres fleuves sont : parmi les tributaires de l’océan Indien, l’Iraouaddy ; parmi ceux du grand Océan, le Mékong, qui baigne les royaumes de Siam et la Cochinchine ; le Yang-tsé-Kiang( fleuve Bleu) et le Hoang-Ho (fleuve Jaune), les grands fleuves de la Chine; l’Amour ou Sanghalien, le grand fleuve de la Mandchourie ; parmi les tributaires de l’océan Glacial arctique, la Léna, l’Iénisséi et l’Obi, qui traversent les steppes sibériennes, où la glace enchaîne leurs ondes pendant la majeure partie de l’année. Enfin le bassin fermé du lac Aral reçoit les rivières du Sir-Daria (Sihoun) et de l’Amou-Daria (Djihoun), l’Iaxarte et l’Oxus de l’antiquité.
Partant d’un berceau inconnu, mais que quelques indices placent aux environs du lac Balkhach, les premières peuplades de race jaune ont franchi les cols creusés sur la crête des hautes montagnes; elles ont descendu les vallées, occupé les plaines, et ont lormé les sociétés politiques les plus anciennes et les plus nombreuses de notre planète, «n partie nomades et livrées à d’incessantes révolutions et migrations, en partie sédentaires et jouissant d’une stabilité qui dégénère en inertie. Elles flottent entre la mobilité sans frein et l’immobilité sans aiguillon, attendant de l’Europe et de la race blanche le souffle du véritable esprit du progrès. On dirait les seconds-nés de l’espèce humaine* déjà bien supérieurs, par l’àge même de leur apparition et de meilleures conditions de sol et de climat, à leurs aînés de la race noire ; mais trop imparfaits encore pour se passer d’une initiation plus jeune et plus vive.
Les sociétés politiques aujourd’hui existantes dans les versants oriental et septentrional de l’Asie sont les suivantes :
La Birmanie, environ 0,000,000 habitants.
Royaumes malais de la presquîle
de Malacca
Le royaume de Siam
Le royaume de Cambodge. . . .
L’empire annamite
La Chine (avec la Mandchourie .
La Mongolie