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LES RÉPUBLIQUES DU CENTRE-AMÉRIQUE

Elles se nomment : Guatemala, San-Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa-Rica. Longtemps elles furent réunies au Mexique, comme formant la capitainerie générale du Guatemala; puis, au xix u siècle, proclamant leur indépendance, elles formèrent les Provinces- Unies de V Amérique centrale, ou la République fédérative de V Amérique centrale; enfin chacune d’elles, revendiquant son autonomie, s’est érigée en république particulière. Leur superficie est

de 500,000 kilomètres carrés, leur population d’environ 3 millions d’habitants, en majorité indiens, soumis à la domination politique et morale de la race blanche, pure ou croisée. Leur gouvernement est constitué sur un modèle à peu près identique : un président temporaire et électif, un congrès composé de deux chambres, des ministres, des représentants à l’étranger, ce qui accroît beaucoup les frais généraux d’administration de ces petits pays. La stabilité politique est en vain garantie par des constitutions; elle est souvent troublée par les révolutions. Placées en travers de l’isthme que parcourt la haute cordillère des Andes, épanouie en tout sens comme un éventail gigantesque, ces républiques communiquent avec les deux Océans, à l’exception du San-Salvador, qui n’est baigné que parle Pacifique : les quatre autres États s’appliquent à tirer parti de leur position interocéanique pour engager les capitaux d’Europe dans la construction de chemins de fer ou le creusement de canaux, qui attireraient dans leurs parages une lucrative activité de transit et de commerce entrepositaire. Chacun des États a une ligne au moins à proposer, comme devant être la plus courte, ou la moins coûteuse, ou la plus profitable, rivale de l’isthme de Tehuanlepec, qui appartient au Mexique, et de l’isthme de Panama, qui appartient à la Nouvelle-Grenade, du Sud-Amérique. Cette rivalité n’est malheureusement pas la seule qui divise ces républiques ; pour avoir instauré le morcellement là où la nature avait préparé l’unité fédérale, elles sont fréquemment en guerre les unes contre les autres.

Le Guatemala possède une superficie de 72,000 kilomètres carrés, et une population de 1,200,000 habitants. Le gouvernement siège à Guatemala-la-Nueva, ville de 40,000 âmes, bâtie à l’ouest de Guatemala-la-Yieja, détruite à plusieurs reprises par les éruptions des volcans de YAgua et del Fuoco , et par les tremblements de terre. Son budget roule sur 5 à 6 millions de francs ; son armée compte 3 à 4,000 hommes; son commerce ne dépasse guère 15 à 16 millions de francs. Dans les ports d’Izabal et de

Sainl-Thomas, sur l’Atlantique, de San-José et de San-Luis sur le Pacifique, il entre annuellement 125 à 130 navires jaugeant 32 à 33,000 tonneaux. Les principaux articles d’exportation sont la cochenille, 1 indigo, le café, les cuirs, la salsepareille, l’argent en barres, les bois, les sucres, le colon, le caoutchouc. Sur le rivage oriental, à Saint-Thomas, la Belgique tenta, il y a une trentaine d’années, la fondation d’une colonie qui ne réussit pas.

La plus petite de toutes les républiques du Centre-Amérique, le San-Salvador, n’a que 18,900 kilomètres carrés de superficie et une population de 750,000 habitants. Le gouvernement siège dans la ville de ce nom, peuplée de 40,000 âmes. Son budget roule sur 3 à 4 millions de francs; le commerce atteint une vingtaine de millions de francs. Dans les ports de Sonsonate (Acajutla), la Libertad, la Union (Concbagua ouFonseca), tous sur l’océan Pacifique, il entre une quarantaine de navires, à voile ou à vapeur, jaugeant 5 à 6,000 tonneaux. Les principaux articles d’exportation sont : l’indigo, le sucre, le baume, dit du Pérou, les bois de teinture, le cuivre argentifère, les cuirs, la cochenille, le café, le tabac, le coton. Les villes de Sensuntepec et de Llobasco sont renommées pour leurs foires, où l’indigo est la base des transactions.

La superficie du Honduras est d’environ 115,000 kilomètres carrés; la population, de 400,000 habitants. Le gouvernement siège à Comayagua, capitale politique, peuplée de 25, 000 âmes. Le revenu public ne paraît pas dépasser 3 à 4 millionsdefrancs;lecommerce atteint! à 8 millions et se fait presque exclusivement avec la Grande-Bretagne. Les principaux articles d’exportation sont : lebois de rose, l’acajou, et autres essences forestières, le tabac, le bétail, les cuirs, des minerais d’argent, dans les ports d’Amalapa,sur le Pacifique, d’Omoa, de Puerlo-Caballo, de Truxillo, sur l'Atlantique.

Du Honduras relève un groupe de petites îles, situées dans la baie du Honduras et dont Roatan est la principale. Après une tentative d’absorption par l’Angleterre, ce groupe

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a été rendu à la république, qui a aussi repris possession du territoire septentrional du pays des Mosquitos, sur lequel l’Angleterre exerçait un protectorat auquel elle a renoncé : la partie sud a été incorporée au Nicaragua.

Mais il reste à l’Angleterre, sous le nom de Honduras anglais, un territoire de 35,000 kilomètres carrés, peuplé de 25,000 habitants, en grande partie nègres et indiens, dont Balise est la capitale, avec un bon port d’où s’exporte beaucoup de bois. C’est une dépendance de la Jamaïque.

La république de Nicaragua est la première pour l’étendue, car elle a 150,000 kilomètres carrés, mais noïi pour la population, qui n’est que de 400,000 habitants. Le gouvernement siège à Managua, capitale politique, ville de

12.000 âmes , au sud-est de l’ancienne capitale Léon , qui en a 35,000. Le budget roule sur 4 à 5 millions de francs; le commerce atteint à peine 5 à 6 millions, la navigation enregistre un mouvement de 200 navires, entrées et sorties réunies, jaugeant 100,000 tonnes. Les articles principaux d’exportation sont : le cacao, l’indigo, le coton, . des gommes. Le commerce extérieur a pour centres San- Juan delNorte sur l’Atlantique, Réaléjo et San-Juandel Sur, sur le Pacifique. — Le trait caractéristique du Nicaragua est son beau lac, long de 170 kilomètres, large de 70, qui s’écoule dans l’Atlantique, par la rivière navigable de San- Juan, à l’embouchure de laquelle s’élève la petite ville de Greytown ou San-Juan del Norle : pour établir une communication maritime, il suffirait de couper la lisière étroite (22 à 30 kilomètres) qui sépare le lac Nicaragua de l’océan Pacifique : c’est une entreprise qui a été l’objet d’études et de tentatives réitérées, lesquelles n’ont pas-encore abouti.

La république de Costa-Rica occupe une surface de

55.000 kilomètres carrés, peuplée de 150,000 habitants. Le siège du gouvernement est à San-José , ville de

30.000 âmes. Le budget oscille entre 6 et 7 millions. Le commerce atteint une valeur de 16 à 18 millions de francs. Il s’opère presque en entier par le port de Puenta-Arenas

sur le Pacifique, qui reçoit 65 à 70 navires tant à l’entrée qu’à la sortie. Les principaux articles d’exportation sont : le café et les cuirs.

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