AVANT-PROPOS
| Pass de l'ouverture des tribunaux après la vacance judiciaire de septembre il y a un an, il existait des plaintes générales sur les lenteurs et l'administration de la justice spécialement dans le district de Montréal. Les intéressés réclamaient à grands cris l'augmentation du nombre des juges de la Cour Supérieure et la diminution des tiges. Les affaires pendantes devant cette Cour et celles de la Cour de Circuit s’y trouvaient tellement accumulées qu’on n’en pouvait prévoir l'audition qu'au bout de douze à quinze mois. Pour obvier à ces inconvénients intolérahles le gouvernement fédéral, cédant enfin à la longue à ces remontrances, «a fini par nommer trois juges additionnels. Ce qui n'empêche pas qu'il y a encore une accumulation de causes sur les rüles dont plusieurs attendent ainsi indéfiniment leur tour. De même il y a des délais dans d’autres districts. Un tel état de choses a paralysé le système judiciaire et n'a pu et ne peut exister sans causer un détriment au respect dû à la justice en général, comme aussi sans faire un tort notable à ceux qui poursuivent leurs droits devant les tribunaux. C'est pourquoi nous avons cru qu'il était opportun alors de suggérer quelques idées des réformes les plus pressantes. Le journal La PATRIE a bien voulu nous ouvrir dans le temps ses colonnes et a publié nos premiers articles à ce sujet. Malheureusement un événement incontrô'able a interrompu la suite de ces écrits, laquelle n'a pu être reprise qu'en septembre dernier dans le journal L'AcrioN SociaLr. Comme les réformes proposées paraissaient judicieuses et utiles, la presse les a trouvées sensées et opportunes ; même la Législature a commencé à en adopter une partie. Nous pouvons espérer qu’elle continuera dans celte bonne voix.
Depuis lors on nous a demandé de publier en brochure ces divers écrits comme étant dans l'intérêt public. Peut-être qu’en les mettant ainsi à la portée du peuple il pourra en résulter quelque bien.
Nous les dédions à son bon sens, appuyé sur l’encouragement reçu en hauts lieux.