SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE
36, RUE NEUVE, BRUXEtl^ES 192 1
Janvier 1921.
La première édition de cet ouvrage est épuisée. Elle a été tirée à 1,000 exemplaires. La seconde édition, qui paraît aujourd'hui, tirée également à 1,000 exemplaii'es, est pareOle à la première, sauf que nous avons fait sauter l'annexe concernant la question de la langue flamande devenue inutile, attendu que le ministre des colonies, M. Franck, Flamand lui-même, a affirmé à la Chambre que la question des langues ne se posait pas au Congo. Nous l'avons remplacée par cet appendice. Nous y avons aussi intercalé la réponse que nous avons faite publiquement à l'ancien ministre des colonies, M. J. Renkin, lorsque en novembre 1919, il a voulu justifier sa gestion devant les Chambres et relever les critiques de notre livre.
Ce livre a été diversement apprécié par les milieux coloniaux et autres et il sera peut-être intéressant pour nos lecteurs de connaître l'accueil qu'il a reçu par des personnalités de tous les mondes.
Parmi les quelques centaines de lettres en réponse à l'envoi de notre ouvrage, reproduisons-en quelques-unes, pour la défense de notre thèse.
s. M. le Roi nous a fait répondre par son secrétaire la lettre suivante :
Secrétariat du Roi
— Le 20 mai 1919.
Palais de Bruxelles.
« Monsieur,
» J'ai eu l'honneur de remettre au Roi, l'exemplaire de votre » ouvra^ïe sur V Avenir du Congo helge menacé, que vous m'avez » fait pai'venir à l'intention de Sa Majesté.
)) Le Roi a bien voulu me marquer déjà son vif intérêt avec lequel » Il se propose de lire ce volume.
» Il m'est extrêmement agréable d'avoir l'honneur de vous en » faire part et de vous prier d'agréer, Monsieur, les assurances de » ma considération très distinguée. »
Monsieur Alex. Delcommune, avenue Louise, 210, Bruxelles.
Le Secrétaire du Roi, (S.) Max-Léo Gérard.
Ministère des Colonies 12 mai 1919.
Cabinet.
« Mon cher Monsieur,
» Hier, dimanche, j'ai employé la plus grande partie de ma » journée à achever la lecture de votre beau li^Te sur V Avenir du » Congo. J'ai pu ainsi revoir dans leur cadre les idées et les faits » d'expérience, les appréciations et les critiques, les espoirs et les » appréhensions que j" avais pu apprécier déjà lorsque vous avez » eu l'amabilité de mettre à ma disposition les bonnes feuilles de )) votre important et méritoire travail. Je vous remercie de l'avoir » fait et publié. Il y a naturellement matière à controverser, mais » la libre discussion ranime la flamme de la vérité. J'ai fait distri- » buer votre livre à tous les chefs de service du Département et » vous pouvez être assuré que toutes les questions que vous soulevez » feront de ma part l'objet d'un examen attentif.
» En vous adressant mes félicitations, j'exprmie le vœu que vous » nous rédigiez et que vous pubherez sans trop de retard le journal » de vos voyages en Afrique, et qu'ainsi sera conservé aux gêné-
» rations de demain, dans sa vie si active et si féconde, l'exemple » d'mi de nos grands coloniaux, aussi dévoué au Conoo qu'à la » Patrie, au Devoir qu'à la Vérité.
» Croyez, cher Monsieur Delcomnmiie, à mes sentiments d'aJffec- » tueuse sj^mpathie. »
Louis Franck,
Ministre des Colonies.
(Pas encore colonial) (1).
Archevêché de Malines Le 27 mai 1919,
« Monsieur,
» J'ai eu infiniment de plaisii* à recevoir le beau volume intitulé
V Avenir du Congo belge menacé que vous avez eu l'amabilité
de m'offrii".
» Par mon empressement à vous en remercier, je désire vous
marquer combien j'y ai été sensible. »
» Dès que je le pourrai, je prendrai connaissance de votre travail
que la table des matières et l'une ou l'autre page lue a« hasard
me promettent d'être suggestif et plein d'intérêt.
» Agréez, Monsieur, Texpression de mes sentiments tout dévoués.»
(S.) X.-D.-S. Cardinal Mercier, Arclievêqw de Malines.
Ministère de la Justice Bruxelles, le 20 mai 1919.
Cabinet.
« Cher Monsieur Delcommune,
)) J'ai commencé à lire avec le plus grand intérêt votre hvre sur » le Congo. Merci de me l'avoir envoyé.
» Comme vous avez eu raison de n'accepter que sous bénéfice » d'inventaii'e le soi-disant compte rendu de la Tribune congolaise!
)) Je n'ai pas sous les yeux le texte du discours que j'ai fait à
(1) Nous donnons ici la dénomination de colonial à tous ceux de nos correspondants qui ont été au Congo.
» Londres, mais je n'y ai pas exprimé d'autres idées que celles » qui sont développées dans mon livre : Belgique et Congo.
» J'ai dit, en substance, que peut-être, au point de vue des » charges financières, l'annexion du Congo par l'Allemagne ne » serait pas un mal pour la Belgique, mais que certainement, elle » serait un grand malheur pour les indigènes, que, dans ces condi- » lions, il ne pouvait pas en être question.
» Et maintenant, vous voyez ce que cela est devenu dans le » compte rendu de la Tribune.
» Bien cordialement à vous. »
E. Vandervelde, Ministre de la Justice.
- (Colonial.)
« Cher Collègue (1),
Gand, le 26 août 1919.
29, rue Savaen.
» Je viens de lire votre bel ouvrage sur V Avenir du Congo. E » m'a vivement intéressé. C'est un excellent exposé pratique de la » plupart des questions congolaises. Je suis persuadé qu'il sera lu » avec autant de fruit par ceux qui partent pour notre colonie, » que par ceux qui sont appelés à diriger celle-ci de l'Europe. Vous » parlez le langage d'une grande expérience, j'y appla,udis et je » vous prie de recevoir mes meilleures félicitations.
» Croyez, mon cher collègue, à l'assurance de mes sentiments » amicaux et dévoués. »
J. Vanden Heuvel, Ministre d'Etat.
(Non colonial.)
SÉNAT DE Belgique Bruxelles, le 11 mai 1919.
« Monsieur,
» Je vous prie de recevoir mes sincères et vifs remerciements » pour l'hommage de l'étude que vous avez consacrée à V Avenir du » Congo belge menacé.
(1) Nous avons l'honneur d'être le collègue de M. Vanden Heuvel dans les conseils d'administration du Chemin de fer du Congo et de la Société maritime du Congo.
» Nous lirons avec le plus grand intérêt ce volume, fruit des » méditations d'un de nos coloniaux les plus distingués, les plus » capables, les plus éprouvés.
» Nous y puiserons une connaissance plus complète de notre » colonie, de son administration, ainsi que des conseils sages et » pratiques pour Finfluence que le Parlement exercera sur les » destinées du Congo,
» Vous avez, Monsieur, rempli un devoir envers le pays en » mettant à la disposition des Belges le résultat de votre profonde » expérience et en leur faisant mieux apprécier et aimer davantage » leur domaine colonial, élément indispensable au développement » et à la grandeur de la Patrie.
» Veuillez recevoii". Monsieur, les assurances de ma considé- » ration la plus distinguée. »
DE Favereau, Mmistre d'Etat.
(Non colonial.)
Société Générale de Belgique Le 16 juin 1920.
Direction.
« Mon cher Alexandre,
» J'ai terminé hier seulement la lecture de ton livre V Avenir du » Congo belge menacé et je te félicite bien chaleureusement de ce » beau travail.
» Tu as serré partout ton argumentation et celle-ci pleine de » logique fait de ton étude, le document le plus important qui ait » jamais paru sur notre colonie.
» Le développement que tu as donné à maintes questions a été » pour moi une vraie révélation et tu ne saurais croire avec quel » intérêt je vais relù-e cette étude.
» Je ne veux pas attendre l'occasion de te rencontrer pour te » dire tout cela et je te serre affectueusement la main. »
E. Frânqui,
Alinistre d'Etat.
(Colonial.)
Bruxelles, le 28 nicai 1919.
Square Vergote, 9.
« Cher Monsieur Delcommune,
» Je vous remercie bien sincèrement de ce que vous avez bien » voulu mettre à ma disposition un exemplaire de votre important » ouvrage sur le Congo. Je l'ai parcouru avec le plus vif intérêt. » Il m'a été impossible de le lire en entier en ce moment, mais je » me promets bien de l'étudier avec le plus grand soin. Comme » vous, je suis depuis longtemps persuadé de l'éducabilité du nègre. » Un long séjour que j'ai fait aux États-Unis m'a convaincu plus » que jamais que les préjugés qui existent au sujet de son infé- » riorité sont injustifiables et que l'attitude prise à son égard par » les populations de race blanche est non seulement stupide, mais » criminelle. En Belgique de tels préjugés sont heureusement peu » répandus et je pense dès lors que notre peuple est mieux à même » que d'autres de remplir tout son devoir' vis-à-vis des populations » noires dont il s'est constitué le tuteur. Ce serait un impérissable » honneur pour notre pays d'entrer dans la voie que vous préco- » nisez et de se placer à ce point de vue à la tête des peuples colo- » nisateurs. Vous pouvez compter qu'en toutes occasions je me » ferai l'avocat de cette politique de bon sens et d'humanité.
» Veuillez agréer, je vous prie, l'assurance de ma considération » la plus distinguée. »
H. La Fontaine, Sénateur.
(Non colonial.)
Paris, le 16 juin 1919.
« Mon cher Collègue et Aju,
» J'ai bien reçu votre bel ouvrage V Avenir du Congo belge menacé » et je suis en train de le Ih-e. J'espère pouvoir, d'ici peu, faire ou » faire faire une étude sur ce sujet dans un des organes de la presse » coloniale française.
» Laissez-moi, dès à présent, vous adresser, avec mes sincères » remerciements, mes vives félicitations pour ce travail si complet » et si courageux.
» Croyez, mon cher collègue et ami, à mes sentiments les meil- » leurs. ï
V. Chait.ley, Président de V Union coloniale française. (Non colonial.)
« Le Père Florent Mortier, Supérieur général des « Missionnaii'es de Scheut, directeur de l'Œuvre
» de la Sainte Enfance,
» remercie Monsieur A. Delcommune pour l'envoi de son intéres- » saut volume sur V Avenir du Congo belge. Comme lui, il est d'avis » que le développement de l'agriculture et la popularisation de » l'instruction constituent deux précieux instruments de progrès. »
Bruxelles, le l^r mai 1919.
« Cher Monsieur Delcommune,
» J'ai été très sensible à l'aimablo pensée que vous avez eue ^) de m'offrir un exemplaire de votre important livre, au titre » d'une si belle crânerie.
)) Je vous remercie bien cordialement de cette délicate attention » et vous félicite en même temps de votre courageux dessein » d'exposer dans toute son ampleur, au grand public belge, le » grave problème colonial.
» Votre longue et profonde expérience des choses africaines, la » part considérable que vous avez prise personnellement dans le » développement économique du bassin du Congo depuis le jour » où le premier commerçant belge s'établit sur les rives du Zaïi'e » jusqu'au moment actuel, vous donnent, pour parler de l'avenu' » de notre colonie, une autorité que nul autre ne possède au même » degré que vous.
» N'ayant votre écrit que depuis quelques heures à peine, je » ne suis guère avancé dans sa lecture, je ne saurais donc l'appré- » cier encore à sa juste valeur.
» Mais, par un rapide coup d'œil jeté sur l'ensemble, j'ai pu suffi- » samment me convaincre que, dans ce volume, vous avez résumé » les idées fondamentales, traité les sujets vraiment vitaux de la » question coloniale.
» Je souliaite que votre étude si complète et si fouillée soit » sérieusement méditée et discutée par les hommes qui, au Parle- » ment et au Gouvernement, ont en mains les destinées de notre » colonie.
» En vous disant toute mon admiration pour la somme de » travail et l'effort d'esprit dont témoigne la publication de votre
« remarquable omTage, je vous prie de croire, cher Monsieur » Delcomiuune, à mes sentiments les meilleurs et les plus sympa- » thiques. »
H. Droogmans,
Conseiller d'Etat honoraire,
Ancien Secrétaire général de VEtat
indépendant du Congo.
(Non colonial.)
Armée belge 5 août 1919.
Chef d'état-major général.
« Mon cher Delcommune,
» T'ai-je adressé mes remerciements pour tes félicitations si » bonnes, si flatteuses et si cordiales? Dans le doute, je les réitère, » car j'y ai été particulièrement sensible.
» Ton livre est une étude remarquable et bien utile pour les )) dirigeants de notre colonie. Je te félicite d'avoir fourni ce remar- )) quable travail, résultat d'une expérience longue et fructueuse. » Puisse-t-on s'en servii- et suivre tes judicieux conseils ! » Mes meilleures amitiés, mon cher Delcommune, avec une » chaude poignée de mains. »
Lieutenant général Gillain,
Chef de V état-major général.
(Colonial.)
3e Division d'Armée Liège, le 14 juin 1919.
Commandement.
« Mon cher Alex,
» Comme c'est gentil à toi de t'être souvenu de ton vieil ami » Jacques en lui envoyant ton beau travail avec une gracieuse » dédicace!
» Je le lii-ai et le méditerai avec le plus grand intérêt. Dans les » quelques pages que j'ai parcourues, j'ai été heureux de retrouver » l'exposé net, franc, limpide de celui qui sait pour avoir vu et
» vécu toute l'histoire d'Afrique et qui, mettant au vestiaire une » courtisanerie qui n'est pas de mise en l'occurrence, conserve son » franc parler, sans parti pris, n'envisageant comme but, que le » bien d'une colonie qui est un peu son enfant.
» Bravo, Alex, que tu sois lu et écouté, c'est tout ce que je » souhaite et bien cordialement.
Ton vieil ami, Lieutenant général baron A. Jacques, (Colonial.)
Bruxelles, le 15 mai 1919.
« Cher Monsieur Delcommune,
» Je viens de recevoir votre livre que vous avez eu la grande » amabilité de m'envoyer.
» J'aurai beaucoup de plaisir à le lire en reportant mon esprit » vers ce grand pays qui laisse tant de doux souvenirs à ceux qui » l'ont bien compris et par suite aimé.
» Je suis sûr qu'après l'avoir lu, je vous dh*ai ce que je pense » dès maintenant, connaissant votre compétence dans toutes les » questions congolaises, que vous avez rendu par votre grand » travail un sérieux service au Gouvernement. Quelle que soit )) son opinion à son égard, il y trouvera une source constante » d'utiles renseignements.
» En vous remerciant bien cordialement, je vous prie d'agTéer, )) cher Monsieur Delcommune, l'expression de mes sentiments les » plus dévoués. »
Lieutenant général baron Wahis, Ancien Gouverneur général du Congo.
(Colonial.)
Bruxelles, le 13 mai 1919.
32, avenue d'Audcrghem.
« Mon cher Delcommune,
» J'ai lu avec un très vif intérêt V Avenir du Congo belge menacé.
» Ce livre avec ses aperçus clairs et précis ; sa nombreuse docu-
» mentation; les nouvelles idées sur la constitution et l'organisa-
» tion de notre colonie exposées avec nne incontestable compé- » teuce, est Fonvrage le plus important qui ait été publié depuis » la découverte du Congo.
» Veuillent nos Chambres et le Gouvernement s'en inspirer!
» Bien amicalement vôtre. »
Lieutenant-colonel A. Van Gelé, Vice- Gouverneur général r^u Congo.
(Colonial.)
Le 20 mai 1919.
Cortenberg, villa la Chênaie.
« Cher Monsieur,
» Je suis extrêmement sensible à l'amabilité que vous avez eue » de me fah'e hommage de votre livre avec une dédicace qui double » le prix de cet hommage.
» Sous l'impression profonde que m'a laissée la lecture de ce » livre appelé à un grand retentissement, j'ose vous demander » s'il ne vous plairait pas de faire hommage d'un exemplaire à » l'Académie. Si vous vous y décidiez, je serais particuhèrement » heureux de le présenter en votre nom à la Classe des Lettres » dans sa prochaine séance du premier lundi de juin, en accom- » pagnant cette présentation d'un rapport qui ne saui'ait être assez » élogieux.
» Veuillez agréer, cher Monsieur, avec tous mes remerciements, » l'expression de mes sentiments de sincère admh'ation pour le » vétéran de nos coloniaux. »
Jules Leclercq,
Conseiller à la Cour c^appel.
(Colonial.)
Saint-Gilles, le 28 juin 1919.
Eue de Lombardie, 54.
« Mon cher Delcommune,
» J'ai bien reçu hier soii-, à 6 heures, ton beau livre; je l'ai immé- » diatement parcouru et ai pris un tel intérêt à cet examen forcé-
» ment très superficiel tant roiivrage est considérable, qu'à minuit » je lisais encore.
» Je me réjouis d'avance de le lire avec la plus grande attention.
» Fruit d'une longue et féconde expérience renforcée par l'étude » et la méditation, il a sa place marquée dans les bibliothèques et » sera pour les coloniaux, à quelque degré de l'échelle sociale ou » hiérarchique qu'ils appartiennent, un fonds de précieux ensci- » gncments et une source d'utiles leçons.
» Je ne saurais assez te dire combien j'ai été sensible à l'honi- » mage que tu m'as fait et je t'adresse, avec mes sincères remer- » cléments, l'expression de ma vive gratitude. »
Lieutenant-colonel Chaltin.
(Colonial.)
Mons, le 10 janvier 1920.
Boulevard Dolez, 86.
« Cher Monsieur Delcommune,
» Avec mes meilleurs souhaits pour l'année 1920, que la présente » vous apporte mes vifs remerciements et toutes mes félicitations.
» Vous avez bien voulu, lors de sa pubKcation, m'envoyer un » exemplaire de votre bel ouvrage. Suivant la méthode que j'em- » ploie vis-à-vis des envois que j'estime, j'ai voulu l'avoir lu avant » de vous en écrire.
)) Mais j'ai eu énormément d'occupation et peu de jours à con- » sacrer, à tête reposée, à l'étude de votre œuvre. Enfin, grâce » aux vacances du nouvel an, c'est fait; et je puis donc, sans » remords, vous remercier et vous féhciter.
» Ce qu'on sent d'un bout à l'autre de votre livre, c'est l'auto- » rite de quelqu'un qui connaît, qui a vu, et qui a bien vu et long- » temps vu. Et nul mieux que vous, parmi les coloniaux belges, » ne connaît le Congo et ses habitants, ce qu'on y a fait et ce qu'il » faut y fau'e.
» La partie économique, commerciale, joue un grand rôle dans » vos exposés et là aussi personne n'a autant d'expérience et de » connaissances ni plus d'autorité que vous. Vous donnez d'excel- » lents conseils à l'administration coloniale. Seront-Us tous suivis? » C'est une autre question. »
Votre bien dévoué,
J. Cornet, Professeur des Mines du Hainaut.
(Colonial.)
BruxeUes, le 19 juin 1919. « Mon cher Delcommune,
» J'arrive un peu tard pour vous donner mon appréciation sur » votre très intéressant ouvrage V Avenir du Congo menacé, mais » mon excuse trouve sa justification dans l'importance du volume » et le nombre des problèmes qu'il soulève; j'ai tenu à le lire » consciencieusement, mais n'ai pu vous donner mon avis plus » tôt, ayant été un peu accablé dans ces derniers temps à la suite ). d'un été hâtif.
« Je n'ai guère besoin de vous marquer mon accord sur bien )) des questions que votre laborieux travail met en vedette, car » vous connaissez depuis longtemps le programme de politique » coloniale que j'aurais désiré voir mettre en pratique au Congo j) depuis 1890 et je me bornerai à signaler quelques points parti- » culièrement délicats.
» Votre opinion sur la mentalité et la moralité des indigènes » est assez exacte, mais je pense toutefois que vous avez un peu » trop flatté nos frères noirs. Je reconnais n'avoir jamais eu à me » plaindre du personnel noii" mis à mon service et ne crois pas que » des domestiques européens m'eussent mieux satisfait, mais il » s'agissait en l'espèce, de noiis assez flattés de servu* Boula-Matadi.
» J'ai parfois entendu le son d'autres cloches, mais je pense » avec vous qu'en Afrique comme en Europe le dicton : « Tel » vaut le maître, tel vaut le valet » trouve son apphcation. On » peut obtenir beaucoup des nègres en employant à leur égard )) la justice, la bonté et la patience, mais il ne faut pas leur demander )) l'impossible dans un langage que, très souvent, ils ne compren- » nent pas; il s'agit là d'une question de mesure.
» Pour ce qui concerne l'administration de la colonie, je reste » de l'avis de notre ami F. Cattier et pense que nous devons orga- » niser une administration purement civile, exception faite peut- » être pour certaines régions éloignées où l'autorité militaire » pourra suffire; imitons, sous ce rapport, les Anglais et les Hol- » landais qui se sont bien trouvés de faire gérer leurs colonies par » des fonctionnaires civils en leur assurant une carrière honorable » et rémunératrice,
» Ne pensez-vous pas qu'il serait dangereux d'interchanger » le personnel africain avec le personnel de l'administration cen- » traie? Les agents qui seraient parvenus à s'installer dans les r> bureaux de Bruxelles feront appel à toutes les protections pour « y rester définitivement et peut-être au détriment du ser\àce;
» cela provoquerait aussi des jalousies déprimantes ; le vrai remède, » à mon avis, est de dégorger considérablement le personnel de » l'administration centrale et de transporter la majeure partie » des services en Afrique, y compris même le Conseil colonial dont » la constitution et la composition devraient être modifiées et » deviendrait un Conseil du Gouvernement tout comme aux Indes » néerlandaises et dans les colonies britanniques. Il ne faudrait » à Bruxelles que des bureaux de contrôle. Un Sous-Secrétaire » d'État choisi parmi les hauts fonctionnaires du Congo serait » adjoint au Mnistre.
» Le Gouverneur général ne pourrait remplir ses fonctions que » durant un terme de cinq années et serait choisi en dehors de » l'administration comme dans les colonies anglaises et hoUan- » daises; il ferait chaque année un court séjour en Belgique afin » d'assister le Ministre lors de la discussion du budget colonial » aux Chambres.
» Le chapitre de votre livre qui m'a le plus intéressé est celui » concernant le développement des cultures indigènes.
» J'ai déjà défendu cette thèse, il y a quelques années, au groupe » d'études coloniales de l'Institut Solvay, en montrant par des » statistiques les progrès réalisés dans les colonies anglaises et » françaises de la côte occidentale d'Afrique, grâce au concours » d'éducateurs et d'inspecteurs envoyés par la mère patrie. L'avenir » du Congo réside principalement dans le développement des » cultures et plantations faites par les indigènes, mais il faut leur » enseigner la manière et l'on n'a rien fait sous ce rapport jusqu'à » ce jour.
» Le peu d'appui que les négociants belges rencontrent auprès » des fonctionnâmes congolais est la résultante d'une psychologie » toute particuhère inhérente aux agents coloniaux qui ont le » ch'oit de porter l'uniforme et dont l'avenir, comme vous le dites » fort bien, est souvent très Limité; beaucoup d'entre eux se croient » les premiers moutardiers du pape et jalousent les chefs de facto- » reries dont les situations pécuniaires sont souvent supérieures » aux leurs; le remède doit être cherché à Bruxelles où l'on de\Tait » sévir contre ceux qui ne soutiennent pas le commerce national; » on de^Tait mieux leur faire comprendre que la colonie n'a pas » été fondée pour eux seuls et qu'ils ne sont qu'un rouage au ser- » vice de son développement commercial et industriel.
» Pour ce qui concerne l'administration de la justice, je partage » votre avis sur l'utilité de faire participer, dans une certaine » mesure, les chefs indigènes à sa distribution; je crois du reste » que le Gouvernement est déjà entré dans cette voie.
» Les lois-décrets et arrêtés émanant du pouvoir central ne
de-sTaient être promulgués, excepté dans les rares cas d'urgence, sans qu'on ait pris tout d'abord l'avis du Gouverneur général qui semble être le plus compétent en la matière. » C'est au Congo que toutes ces mesures doivent être appliquées et il est logique que les autorités locales soient d'abord chargées d'en apprécier la valeur; là encore nous devons suivre l'exemple de nos voisins anglais et hollandais : leurs gouverneurs promulguent presque toutes les ordonnances et le Gouvernement central n'intervient guère qu'exceptionneUement ou à titre de contrôle.
» La question des traitants non indigènes est assez déhcatc si l'on se rapporte à l'Acte général de Berhn et à l'intérêt immédiat des indigènes (1). Il se comprend que les sociétés belges qui, les premières, ont introduit le commerce dans le Haut-Congo et engagé là de gros capitaux, demandent à être protégées contre les rafles des produits opérées par des étrangers qui n'ont guère de frais généraux et n'introduisent dans la colonie aucun élément de civihsation, mais le remède ne me paraît pas facile à trouver si l'on veut respecter la hberté du commerce et le droit pour l'indigène de vendre ses produits à qui bon lui semble; l'augmentation du droit de patente ne me paraît pas devoir être bien efficace et pourra être aisément éludé. Le mieux serait d'organiser une importante palabre entre les commerçants européens et quelques agents du Gouvernement pour étudier loyalement la question et trouver le remède que je n'entrevois pas claii'ement. Il est toutefois inadmissible que ces trafiquants puissent acheter impunément des produits provenant des propriétés domaniales concédées à des sociétés. -^4
» Vous avez raison de soutenii- que le Gouvernement ne devrait pas être arrêté au moins pendant quelques années par des soucis de questions budgétaiiTs alors que toute son énergie de\T:ait porter sur le développement des ressources de la colonie et que la Belgique devrait créer « un fonds colonial « dans lequel on pourrait puiser, mais je crains bien que vous vous butiez là à une impossibilité parlementaire et qu'aucun Ministre n'ait l'audace de déposer un pareil projet de loi. '-^
» Je vous donne ici quelques courtes impressions — mais déjà trop longues — sur votre œuvre de régénération dont la lecture m'a si vivement intéressé et je fais des vœux sincères pour que
(1) Xous avons répondu aux argiimonts que présente cette lettre, et sans doute avons-nous convaincu notre aimable correspondant, car il ne nous a pas répondu.
» vos suggestions trouvent un appui sérieux auprès de ceux entre » les mains desquels est confié l'avenir de notre colonie.
» Veuillez croire, mon cher Delcommunc, à la sincère affection » de
Votre bien dévoué, Camille Janssen, Premier Gouverneur général honoraire du Congo. (Colonial.)
Bruxelles, le ler août 1919.
« Cher Monsieur Delcommune,
)) Je viens de terminer la lecture de votre ouvrage V Avenir du » Congo belge menacé.
)) L'impression forte que j'avais ressentie à le parcourir, impres- )) sion que j'ai eu le plaisir de vous communiquer verbalement » déjà, s'est accentuée encore. •
» Vous avez produit une œuvre remarquable par sa documen- « tation, ses analyses de la politique suivie au Congo belge, ses » conclusions.
». C'est le fruit de vos méditations, de votre longue expérience » des choses d'Afrique.
» C'est le Hvre courageux qu'O fallait écrire et qui nous manquait.
» Il vient à son heure, au lendemain de cette longue guerre, » dont notre patrie sort glorieuse mais appauvrie et meurtrie.
)) Et vous montrez l'influence déterminante que notre colonie » exercera sur ses destinées.
» Vous signalez les erreurs commises, les tâtonnements dans la » direction à imprimer, le manque de suite dans les décisions » intervenues.
» Et vous proposez les remèdes à appliquer, sans retard avec )) fermeté et constance si l'on ne veut livrer le commerce, et partant » l'influence politique par la suite, aux éléments indésii'ables qui » envahissent notre colonie par toutes ses frontières et qui corrom- » pront l'esprit crédule des indigènes.
» Croyez-moi votre bien dévoué
Vanhulst, Administrateur délégué de la BelgiJîa.
(Colonial.)
Scheveningen, le 4 juillet 1919.
« Cher Monsieur Delcommune,
» Je viens de recevoir le livre monumental que vous avez con- » sacré au Congo, et à l'envoi duquel, à titre d'hommage, je suis » extrêmement sensible.
» Il témoigne du vif intérêt que vous portez à votre colonie et » de profondes études de sa situation, dont, nul doute, vos gou- » vernants sauront tirer profit.
» Espérant que vous et vos descendants en verront les preuves, » et réitérant mes remerciements, je vous prie, cher Monsieur )) Delcomnmne, d'accepter l'expression de mes sentiments cor- » diaux. »
G. -M. Philippi,
Administrateur de la N. A. H. V,
(Non colonial.)
Anvers, le 19 mai 1919.
Eue d'Arenberg, 17.
« Cher Monsieur Delcommune,
)) Quel monde que votre beau livre V Avenir du Congo menacé » et combien j'admire le talent, le courage et la force qui vous ont » permis de l'écrire !
» Nul mieux que vous ne connaît à fond le Congo, dont vous » avez été en quelque sorte le précurseur et auquel vous avez » consacré toute votre existence en l'explorant, en y créant des » sociétés et en suivant sa politique.
» Si les conseils que vous donnez étaient suivis, nul doute qu'ils )' produiraient les résultats les plus considérables.
» Le chapitre dans lequel vous vous occupez de la plaie des )) traitants est saisissant et il est urgent qu'on porte remède au » mal. Je fais des vœux pour que vous puissiez être témoin d'un )) avenir moins menacé et une fois de plus, je rends hommage à « votre caractère et aux quahtés éminentes qui font de vous le » pionnier qui, à côté de ceux cités dans votre dédicace, méritent » la reconnaissance éternelle de la Belgique,
» Agréez, cher Monsieur Delcommune, mes sentiments les plus » affectueux et l'expression de ma très haute considération. »
Charles Le Jeune,
Courtier d'assurance.
(Non colonial.)
Alost, le 29 mai 1919.
« Mon cher Monsieur Delcommune, •
» Permettez-moi de vous adresser mes plus chaleureuses félici- » talions à F occasion de la publication de votre si intéressant » ouvrage F Avenir du Congo belge menacé.
» Vous voulez bien dans votre lettre du 24 de ce mois, m'indi- » quer les passages les plus intéressants et je vous en remercie. » Je compte néanmoins lire tout le volume parce que je suis con- » vaincu que toutes les parties ont leur importance.
» En le feuilletant, j'ai eu spécialement mon attention attirée » par la protection que vous demandez en faveur des indigènes, » sans lesquels la colonie ne peut être mise en valeur.
» C'est l'évidence même!
» Négliger le noir, ne pas l'instruire et l'éduquer, ne pas déve- » lopper ses besoins, ne pas stimuler son initiative ou son amour- » propre, se montrer injuste envers lui ou le priver de ses droits » séculaires, c'est s'aliéner le noir, c'est le rendre improductif pour » le développement de la colonie, c'est, en d'autres mots, laisser » péril' la poule aux œufs d'or!
» Mais à côté du noir il y a le blanc; j'ai toujours été grand » partisan du peuplement des parties salubres de la colonie par )> des colons européens.
» Ici encore, à mon avis, le Gouvernement n'a pas fait tout ce » qui aurait pu ou dû être fait.
» Les quelques rares colons qui se sont rendus dans le Haut- » Congo ont été toujours exposés à l'hostilité ou tout au moins » ont eu à lutter contre la force d'inertie des fonctionnaires.
» Il faudrait que des milliers de colons se rendent dans les parties » habitables de la colonie et y fondent une seconde Belgique, « y créent des plantations étendues de coton et d'autres plantes » industrielles.
» Je serais bien heureux si j'avais un jour l'occasion de vous » entretenir de toutes ces graves questions et je vous prie, cher » Monsieur, de croire à mes sentiments les meilleurs. »
Baron L. de Béthune,
Membre de la Chambre des députés.
(Non colonial.)
« Mon cher Delcommune,
Juin 1919.
Avenue Louise, 432.
» Ton livre débute par une constatation qui ne paraît pas » pouvoir être contestée. Nous sommes encore dans la période de » réaction qui a suivi l'abolition du régime de pouvoir absolu de » rÉtat indépendant du Congo.
1) A ce régime, condamné depuis longtemps, succéda, sans aucune » transition, un régime de liberté du commerce et de liberté du » noir qui était dans les désirs de tout le monde.
» Beaucoup de fonctionnaires et de magistrats, de cette époque, » pour qui le commerçant et l'industriel blancs étaient un peu )' l'ennemi, se mirent à expliquer la liberté aux indigènes de telle » façon que ceux-ci tinrent presque à honneur de refuser à tout » blanc ne portant pas de galons, l'aide indispensable et rémunérée « de leur travail. Nous souffrons encore du mal qui a été ainsi fait.
» Néanmoins, des maisons de commerce importantes installèrent » à gTands frais des factoreries dans les régions successivement » ouvertes au^ commerce, en des points où n'existaient pas de )) postes de l'État, devançant et préparant l'action de ce dernier, » de plus en plus loin des grandes voies de communication.
» Cette pénétration commerciale par l'extension en tache » d'huile de factoreries établies à demeure et gérées par des Euro- » péens, avait évidemment une portée ci^dlisatrice du plus haut » intérêt et devait donner, à ce point de vue et au bout de quelques )> a mées, les résultats les plus heureux.
M Mais l'afflux toujours croissant des petits traitants non » indigènes, afflux encouragé par l'État alors qu'il l'a énergique- » ment combattu dans les colonies anglaises et françaises de la « Côte occidentale, a amené peu à peu la fermeture d'un grand » nombre de factoreries européennes. Qu'ont mis à leur place ces » petits traitants? Rien. A défaut d'action civilisatrice, laissent-ils » au moins plus d'argent aux mains des indigènes? Ton livre » établit le contrah'e par des chiffres irréfutables et, après l'avoir » lu, on ne peut qu'être entièrement de ton avis et déplorer la » situation qui va se présenter forcément. En dehors des grands » centres sis sur les routes commerciales et en dehors des postes » de l'État, le noir sera désormais livré à lui-même et civilisé » uniquement par les petits traitants en question !
» Tu proposes deux moyens énergiques pour combattre le mal; » je ne crois pas qu'un gouvernement ose te suivre dans cette voie » et employer tes remèdes parce que ceux-ci revêtent forcément
» une allure antidémocratique, un caractère de protection capi- » taliste qui feront bondir nos députés (1). Il faudra cependant » réfréner la licence, comme l'a prévu le délégué anglais à la Confé- » rence de Berlin. Ne serait-il pas possible d'amener les petits » traitants à devenir des clients des factoreries éloignées, au lieu » de supprimer celles-ci et à préparer les indigènes de régions » neuves à recevoir bientôt des factoreries nouvelles !
» 11 est vrai qu'il y a toujours le manque de sympathie, de )> support de certains fonctionnaires et magistrats pour le grand » commerce (à moins qu'il ne soit pas belge) ; c'est triste à constater, » mais tu le démontres péremptoirement. On reste rêveur en lisant » les attendus d'un jugement qui condamne une société belge à » restituer à un petit traitant des produits récoltés sur une pro- » priété acquise de l'État par cette compagnie, laquelle fut^ en » outre condamnée à 1 franc de dommages et intérêts. Ainsi l'État » vend un verger à un Belge et condamne celui-ci à restituer, au » receleur, des pommes volées dans ce verger et à lui payer 1 franc » de dommages et intérêts !
» Si au Congo, la propriété n'est pas le vol, c'est tout au moins » le recel. Et quelle moralité de la part de l'État vendeur du » terrain!
» Mon cher Delcommune, ces choses devaient être dites, tu as » carrément attaché le gTelot, tu as écrit un livre courageux et je » te félicite.
)) La première partie de ton ouvrage peint brutalement et avec n raison les choses en noir. Tu montres ensuite la possibilité d'un » avenir lumineux pour notre colonie; il réside, en dehors de l'ex- » ploitation des mines, dans l'immense développement que peut » prendre l'agriculture indigène par la systématisation de l'ensei- » gnement pratique appliqué non pas uniquement à une espèce » de culture, mais à des cultures variées.
» Il faut pour cela systématiser énergiquement la lutte contre » la maladie du sommeil, faire d'une façon sérieuse et générale le » recolement d'un impôt de capitation raisonnable, aider le » commerce et enfin, s'occuper d'aménager les voies navigables » et de créer les chemins de fer indispensables.
» Pour tout cela, il faudra se procurer quelques mOhards, mais » comme tu le dis, la colonie vaut cela et la garantie de la Belgique » peut donc intervenir. C'est d'ailleurs le seul moyen de procéder » rapidement, d'entrer résolument dans ce que tu appelles la » quatrième voie, laquelle me paraît être la bonne. Je garde ton
(1) Nous croyons le contraire, attendu que nous prenons la défense des populations indigènes.
» ouvrage à ma portée, dans mon bureau, c'est une mine, une » abondante source de documentation et je te remercie beaucoup » de me l'avoii* envoyé. »
Bien cordialement,