CONCLUSIONS
« Quant à nous, avant de déposer la plume, nous devons remer- » cier M. Alexandre Delcommune, d'abord d'avoir bien voulu » accepter notre modeste collaboration, pour résumer son impor- » tant ouvrage et pour l'appui bienveillant et éclaii'é qu'il a bien » voulu nous accorder au cours de notre travail, mais encore et » surtout pour l'émotion intense et le bien que nous ont produits » la lecture et la méditation de son livre. Comme beaucoup d'an- » ciens Congolais, restés attachés de tout cœur à notre si belle » colonie, nous avions l'impression intime et attristée qu'on était » en train de gâcher l'œuvre à laquelle nous avions collaboré, » mais si le mal nous apparaissait, tout au moins dans ses grandes » lignes, le remède ne s'estompait que vaguement dans notre esprit » et, bien souvent, il nous est arrivé do désespérer de l'avenir.
» Le Kvre que nous venons de résumer nous a non seulement » réconforté, mais il a remis tout au point. S'il a précisé le mal, » tout le mal, en revanche, il a indiqué en détail le remède facile » à appliquer, nous a fait entrevoir les splendides résultats qu'on » peut en attendre et nous a remis non seulement de l'espérance, » mais même de la certitude au cœur. De noir qu'il nous appa- » raissait, l'horizon s'est éclairci, les nuages se sont dissipés et )> nous avons maintenant l'intime conviction, tout aussi ardente « lue celle de l'auteur, que si on se met résolument à l'ouvrage, dix » ms ne s'écouleront pas avant que l'on constate des résultats encou-
(1) La rumeur publique attribue ce résumé à notre ami le colonel A. Daenen (colonial). C'est une erreur.
» rageants et précurseurs de ceux qui se produiront certainement, » avec le temps, l'argent et la persévérance.
» Notre résumé n'a été fait que pour tâcher de faire pénétrer » plus avant dans les masses belges, en les vulgarisant, les idées » nouvelles et rassurantes qu'expose l'auteur et pour engager » aussi les classes intellectuelles de notre pays à les étudier à fond, » dans l'ouvrage lui-même et à exiger, ensuite, leur mise en pra- » tique par notre Gouvernement colonial.
)) Puissions-nous avoir réussi. »
Octobre 1919.
Si nous ne faisons aucun commentaire sur ces écrits, laissant au lecteur le soin d'en faire lui-même, si bon lui semble, ils montrent cependant que l'ouvrage en soi a soulevé quelque peu la curiosité et l'intérêt des classes intellectuelles belges.
Mais ce qui a paru susciter le plus de critiques dans certains milieux coloniaux, c'est la question économique que d'aucuns ont prétendu n'être pas suffisamment traitée et d'autres, assez clairement exposée.
Avant et après le récit que nous allons faire de notre voyage au Congo, nous compléterons donc par quelques mots cette question extrêmement importante, dont la gra\àté actuelle semble échapper au Gouvernement colonial et le laisser indifférent, ainsi que la plupart des coloniaux, alors qu'elle touche aux organes les plus sensihl<?s de notre colonie.
Avant le départ pour le Congo de M. Franck, ministre des Colonies, nous nous étions permis de lui envoyer la lettre ci-dessous, accompagnant la note qui suit :
Bruxelles.^ le 15 janvier 1920.
« Mon chek Monsieur Franck,
)) Je crains fort que pendant votre voyage dans la colonie, « voyage que je vous souhaite heureux et instructif à la fois, il ne » vous soit pas donné Voccasion de bien approfondir la question
» si importante des petits traitants, s'établissant à leur gré en » dehors des endroits où résident des antorités enropéennes.
» C'est pourquoi je prends la liberté de vous envoyer à titre )) personnel, une note les concernant.
» Vous y verrez les progrès menaçants qu'ils ont faits de 1913 » à 1917, c'est-à-dire en quatre ans,
» Que sont-ils aujourd'hui?
» J'y joins quelques observations au point de vue belge.
» Je vous serais très reconnaissant de prendre cette note avec » vous et de bien vouloir la consulter en temps et lieu.
» Je serais très heureux de pouvoir vous rencontrer là-bas et » je vous réitère, mon cher Monsieur Franck, mes vœux de bon )' voyage et de bonne santé. »
Votre bien dévoué, {S.) Delcommune.
Situation commerciale du Congo belge