BAZARS — MUSEE
a disparu le palais des empereurs, dont il ne reste pas trace.
En prenant au nord une rue qui nous dirige vers la place du Séraskiérat, nous rencontrons la Colonne Brûlée. Elle a porté tour à tour Apollon, Constantin, Julien l'Apostat et Théodose. Finalement la foudre l'a ébranlée, et l'incendie l'a en partie calcinée. Elle ne pouvait pas servir indéfiniment de piédestal à tous les princes grands hommes ou scélérats qui voulaient y monter. Elle ne tient plus que par artifice. Près du Séraskiérat s'élève la fameuse tour où doit monter quiconque veut pleinement jouir du panorama de Constantinople. On trouve à son sommet un petit café pour se remettre des fatigues d'une ascension pénible. Une vigie y est en permanence et signale les incendies qui se déclarent dans la ville. On sait qu'ils sont fréquents à Constantinople, et que, la plupart des habitations étant de bois, ils y prennent aussitôt les proportions d'une immense catastrophe.
Les bazars, après ceux de Damas et du Caire, ne nous offrent qu'un médiocre intérêt. Des robes de soie ou de velours brodées d'or dépassent pourtant, en fait de luxe, tout ce que nous avions vu en Orient. Les essences de bergamote, de jasmin, de benjoin et d'eau de rose semblent exquises. Beaucoup de dames turques en font provision. On m'invite inutilement à visiter les mosquées. Je ne saurais m'y résoudre. Au reste, ces immenses édifices, splendides à distance, sont pitoyables vus de près. Ce que l'on prenait pour du marbre n'est