‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 129 sur 216 · BAZARS — MUSÉE · texte numérisé non relu

BAZARS — MUSÉE

qu'un misérable crépi qui se détache çà et là en larges plaques. Le dehors est bien en harmonie avec la religion qu'on prêche au dedans. La seule de ces mosquées qui m'intéresserait peut-être serait celle de Mahomet le Conquérant, bâtie sur les ruines de cette fameuse église des Saints-Apôtres où , depuis Constantin , les empereurs avaient réuni les plus précieuses reliques de l'Orient. Mais tout a été sur ce point si souvent rasé et reconstruit, que ce n'est pas la peine d'y courir.

Le musée de Constantinople me rappelle la galerie d'un bon bourgeois qui, ayant plus d'écus que d'esprit et plus de vanité que de goût, avait voulu se donner une galerie artistique, comme M. Jourdain s'était donné des soirées , des professeurs et des habits brodés. Il chargea un amateur de lui garnir quelques salles de son château. Avec beaucoup d'argent celui-ci l'encombra de croûtes et garda pour lui les esquisses de Raphaël et les pochades de Rembrandt. Il avait jugé à bon droit qu'aux mauvais connaisseurs des tableaux quelconques suffisent, et qu'il faut réserver les chefsd'œuvre pour qui sait les apprécier. Tout chercheur autorisé à faire des fouilles sur l'empire ottoman doit remettre au sultan la moitié de ce qu'il trouve. La première moitié, qui est la sienne, se compose des chefs-d'œuvre; la seconde comprend tout ce qu'un homme intelligent ne ramasserait pas.

En rentrant, nous nous intéressons à des danses et des chants qui sont les dernières manifestations de la Lampri, la fête de Raques dans la rue.

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