‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 134 sur 216 · EN PENSANT A PH1L1PPES · texte numérisé non relu

EN PENSANT A PH1L1PPES

arrivèrent par la voie des Tombeaux, dont un, celui du légionnaire Vibius, est encore debout, dans l'étroite plaine où, un siècle auparavant, avec Cassius et Brutus, la liberté avait péri. Étrange rapprochement! Paul, Silas et Timothée, un nouveau triumvirat, modeste et pacifique, venaient l'y ressusciter sous une forme plus réelle et autrement durable. Le premier auditoire qu'ils abordèrent à Philippes fut un auditoire de femmes. Il y avait peu de Juifs dans cette ville, beaucoup plus militaire que commerçante , et faute de synagogue, le jour du sabbat, ils se réunissaient près du fleuve pour y prier. Ce fleuve c'était le Gangitès, aujourd'hui le Bounarbachi, qui touchait presque au mur occidental de la cité. Le mode d'enseignement qu'ils adoptèrent semble avoir été celui d'une conversation familière à laquelle chacun pouvait prendre part. Une marchande de pourpre, Lydie, originaire de Thyatire, fut la première à se convertir. Elle se fit baptiser avec toute sa famille.

La voie Egnatia divisait Philippes en deux villes : celle d'en haut, groupée autour de la citadelle dans une enceinte de murs helléniques, et celle d'en bas, construite sous Auguste. De la première il reste encore les ruines du théâtre, des statues de dieux grossièrement sculptées en bas-reliefs dans le marbre de la montagne, et des inscriptions votives qui, au temple de Silvain, rappellent des noms mentionnés par saint Paul, tels que Secundus, Trophime, Crescens, Clément et plusieurs autres.

Page 1