‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 137 sur 216 · SALAMINE · texte numérisé non relu

SALAMINE

qu'on ensevelisse mon cadavre, comme celui de Polynice? » Puis, se retournant vers la statue du dieu : « 0 Neptune, dit-il, je sors vivant de ton temple, mais Antipater et les Macédoniens n'en sont pas moins coupables envers toi. » Il chancela aussitôt et voulut s'appuyer. En passant devant l'autel, il mourut.

La côte qui domine l'île, c'est l'Argolide avec Tirynthe, Argos, Mycènes et les souvenirs sanglants des Atrides, dont nos fouilleurs modernes viennent de retrouver les tombeaux.

Égine, avec ses hautes falaises, est bientôt doublée, et nous entrons dans les eaux qui virent l'immortelle bataille de Salamine. Nous n'atteindrons pas le point stratégique où elle fut livrée, car après avoir passé les rades de Phalères, de Munychie et de Zéa, nous venons de contourner le promontoire d'Alcimas pour entrer dans le port du Pirée. Du tombeau que la patrie, tardivement reconnaissante, lui avait élevé sur ce promontoire, Thémistocle dominait le détroit célèbre où son habileté avait forcé les Perses de se battre. Les quatre cents vaisseaux de la flotte grecque étaient appuyés sur l'île de Salamine, entre les petites îles de Psytalie au sud et Pharmacusa au nord. Les mille vaisseaux des Perses étaient rangés le long des côtes de l'Attique pour soutenir l'armée qui arrivait par terre. Xercës, au pied du mont (Egalée, s'était fait dresser un trône d'argent afin de mieux jouir de sa victoire. Ces rois de l'Orient sont, dans leurs actes aussi bien que dans leurs pompeuses inscriptions, la person-

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