LE DISCOURS DE PAUL
que tu es toujours misérable par quelque endroit!
Paul tint ici un moins orgueilleux mais plus énergique langage. Nous nous asseyons sur Tantique siège des juges, pour relire son admirable discours. Avec quel à- propos il introduit son Dieu inconnu, celui qui doit remplacer tous les autres, puisque seul il a fait le monde et tout ce qui s'y trouve ! Si splendides que soient les temples de l'Acropole, on ne saurait y enfermer cet être infini. Paul le montre maître du ciel et de la terre, laissant au genre humain le devoir de le chercher comme il peut, en même temps qu'il se tient auprès de lui, car c'est ce Dieu qui donne à tous la vie, le mouvement et l'existence. L'homme est de sa race. Comment pourrait-il, lui fils de Dieu, assimiler son père à l'or, à l'argent et à la pierre dont l'artiste fait des statues ? L'heure est venue d'en finir avec de si incroyables errements. Arrêtant là, en effet, cette triste phase de l'histoire humaine, où la philosophie l'a si mal cherché et si peu trouvé, ce Dieu va se révéler enfin lui-même par le jugement. Chacun doit changer ses idées, sa vie, sa religion. Le juge est choisi. C'est un homme que Dieu a désigné comme son mandataire authentique en le ressuscitant d'entre les morts.
L'Apôtre entrait ainsi dans le vif, et la lumière commençait à jaillir abondante, irrésistible, féconde. On refusa de l'entendre plus longtemps. Pour des philosophes, sa doctrine était cependant large, élevée, nouvelle. Pour des littérateurs, c'était de l'éloquence s'il en fut jamais. Malheureuse-
Notre Voyage aux pays bibliques. III — 8 i