‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 165 sur 216 · SOGRATE ET SES JUGES · texte numérisé non relu

SOGRATE ET SES JUGES

lieux aussi célèbres que l'Aréopage et le Pnyx, s'ils furent réellement là où on nous les montre, semblent n'avoir été abrités par aucun édifice important. On peut même s'étonner de l'état rudimentaire, sauvage, misérable des sites qu'ils occupèrent. A l'époque où Pausanias visita l'Aréopage, il y avait dans la salle d'audience deux gradins d'argent servant de sièges, l'un à l'accusateur, et l'autre à l'accusé. Le premier s'appelait le siège de l'Injure, et le second celui de l'Impudence. C'est là que Socrate fut jugé et qu'il fit le serment, si on venait à l'absoudre, de se livrer plus énergiquement encore à l'étude et à l'enseignement de la sagesse, ce qui aux yeux de ses adversaires était un crime capital. A la majorité de trois voix, deux cent quatre -vingtune contre deux cent soixante-dix-huit, nombre de votants qui ne contiendrait pas dans l'espace où nous sommes, on le déclara coupable. Mélétos, un mauvais poète , proposa contre lui la peine de mort. L'accusé montrant fièrement le Prytanée qui était à ses pieds vers l'Acropole : « Après m'être consacré, dit- il, en négligeant tous mes intérêts, à rendre les Athéniens meilleurs, j'attends de votre justice qu'elle me condamne à être nourri avec les Prytanes, aux frais de la république. » Pourquoi cet homme, qui méprisait si visiblement la vie, commença-t-il donc son apologie en disant qu'il n'avait jamais cessé de révérer les dieux de la patrie, de leur offrir des sacrifices chez lui ou en public, et d'engager ses amis d'aller consulter les oracles et les augures? Pauvre nature humaine,

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