‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 190 sur 216 · L'ISTHME · texte numérisé non relu

L'ISTHME

chant, elle se présente sous l'aspect le plus gracieux. Des cafés très appréciés, paraît- il, environnent la gare. De longs murs réunissaient jadis la cité au port de Nisé. C'est d'ici qu'il faudrait aller visiter, dans l'île de Salamine, le fameux couvent de Phanéroumeni. De Mégares fut le philosophe Euclide, qui, prenant un habit de femme, allait, au péril de sa vie, écouter à Athènes les leçons de Socrate au plus fort même de la guerre du Péloponèse. Il fonda dans sa patrie l'école éristique, où le mérite des disciples consistait à user de toutes les armes de la dialectique pour disputer toujours et ne céder jamais. Les contours qu'exécute la voie ferrée le long de la mer nous rappellent le chemin de la Corniche entre la France et l'Italie. Les eaux du golfe, à peine émues, se heurtent doucement en vagues timides contre les rochers du rivage. Des montagnes de pierre grise, des oliviers et des amandiers plantés çà et là transforment le pays en une série de sites analogues à ceux qu'on voit dans nos Alpes-Maritimes. Comme hier, le golfe paisible d'Égine nous produit l'effet d'un grand lac.

Kaiamaki et Isthmia, que nous atteignons, sont des villages modernes qui ont remplacé l'antique Schœnos, un des trois ports de Corinthe. Tout un monde d'ouvriers s'y est fixé pour travailler au percement de l'isthme. Les bateaux du Pirée touchent régulièrement à Kaiamaki.

Du vagon nous apercevons aisément les deux mers. Le moment de leur réunion est proche. La

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