IDÉE GÉNÉRALE DE L'ANCIENNE VILLE
combres rappellent, à quelques pas d'ici, un des nombreux édifices dont les Romains avaient orné la ville conquise. Il y eut là des thermes ou un gymnase.
Avec des jalons si rares et si indécis, il n'est pas possible de reconstituer la place de l'ancienne Corinthe. Toutefois, puisque nous avons Pausanias en main, essayons de nous représenter au moins, d'après lui, la topographie de la grande cité.
Au centre, et non loin d'une superbe fontaine consacrée à Neptune, dût se trouver l'Agora. Autour de l'Agora, dont une statue de Minerve sur un piédestal, avec bas-relief représentant les Muses, marquait le milieu , se groupaient quelques monuments publics et des temples parmi lesquels on cite ceux d'Artémis éphésienne, de tous les dieux, d'Octavie et de la Fortune.
De l'Agora partaient quatre routes opposées vers Cenchrées et vers Léchée, vers Schœnus par le Stade isthmique et vers Sicyone. Celle de Cenchrées passait à travers les faubourgs. Elle laissait à droite le bois de cyprès de Cranée, où était un temple de Vénus la Noire et ce fameux tombeau de la courtisane Laïs , dont l'éloquent symbolisme représentait l'impitoyable domination de la femme sur l'homme livré aux désirs de la chair. L'artiste y avait représenté une lionne tenant entre ses griffes un bélier, emblème lubrique , et lui léchant la tête avant de le dévorer. Un temple de Diane était aussi sur cette route, qui passait devant le tombeau de Diogène le Cynique et aboutissait à la porte occidentale de