‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 26 sur 216 · LES ORAGES A ANTIOCHE · texte numérisé non relu

LES ORAGES A ANTIOCHE

Antioche, samedi 14 avril.

L'orage n'a pas cessé de toute la nuit, et l'eau tombe encore à torrents. Je m'explique la construction très singulière des rues de la ville, qui ont toutes un canal au milieu et un trottoir de chaque côté. Le canal peut avoir de un à deux mètres de large et deux pieds de profondeur. Chaque trottoir n'est guère plus développé que le canal lui-même. Il s'ensuit que pas une voiture ne peut circuler dans la ville. En revanche, quand, par un temps d'orage, les pluies descendent en cascades formidables du haut de la montagne, elles trouvent dans les canaux profonds qui serpentent avec les rues autour des maisons un lit tout naturel. Les habitants circulent sans être envahis par les torrents ainsi subdivisés. Quelques pierres, dressées de loin en loin, surtout à l'intersection des rues, permettent de les franchir sans tomber dans leurs eaux boueuses. Au lendemain des grands orages , des Turcs désœuvrés cherchent partout dans ces ruisseaux , au flanc de la montagne, à travers champs, les antiquités que la pluie a mises à nu en les entraînant vers la ville, et il n'est pas rare de les voir ramasser dans le sable et parmi les ordures des cylindres assyriens, des pierres finement gravées, des monnaies et des fragments de bijoux qui sont le plus souvent d'une valeur artistique considérable.

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