‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 27 sur 216 · L'ORONTE · texte numérisé non relu

L'ORONTE

La vieille cité, tant de fois surprise par les tremblements de terre, a été si bien couchée toute vivante, avec son luxe et ses richesses, sous le sol, qu'à la moindre pluie les terrains ravinés rendent à l'homme ses trésors enfouis depuis des siècles. Nous avons vu ramasser sous nos yeux de petits chefs-d'œuvre de la glyptique grecque, et M. Toselli nous a montré des camées ainsi recueillis dont on avait offert des sommes énormes. M. Toselli est un ingénieur italien, intelligent et serviable, qui deux fois a fait et défait sa fortune en Syrie, et qui risque de la refaire encore si le chemin de fer projeté à travers l'Asie prend réellement Souedieh pour tête de ligne. On cause volontiers avec lui. C'est un des rares hommes qui, dans des pays privés de toute vie intellectuelle, se préoccupe encore de science et d'archéologie.

La tempête nous condamne à l'inaction. Il faut se contenter de regarder mélancoliquement, à travers nos fenêtres, l'Oronte qui grossit toujours et une grande roue qu'il fait mouvoir pour monter l'eau dans des terres où les cataractes du ciel se chargent bien de la jeter aujourd'hui. La Fable suppose que le monstre Typhon, foudroyé par Jupiter au pied de l'Amanus, peut-être près de Pagras, nom donné aussi au terrible géant, creusa, en se dérobant aux foudres vengeresses , le lit sinueux du fleuve jusque près deBaalbek, où, s'enfonçant tout à coup sous terre, il fit jaillir une abondante source. De là le nom de Jyphon primitivement donné au fleuve. Celui d'Oronte lui viendrait , d'après Stra-

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