LA SOEUR RAMEL
soleil d'Orient, depuis quarante -cinq ans qu'elle l'endure, n'a pas altéré la blancheur de son teint. Quelques-uns de ses blonds cheveux qui s'échappent de sa coiffure sans recherche grisonnent à peine. Elle est petite de corps et grande d'âme. Je la trouve telle que je l'avais rêvée. Ses filles Faiment comme une mère et la vénèrent comme une sainte. Le sultan n'a plus de volonté quand elle va à Constantinople le supplier pour ses œuvres, et nous verrons tout à l'heure comment elle fera agréer ses requêtes par M. Imbert, le délégué du gouvernement français , que nous avons rencontré
Qui pourrait s'en plaindre? Cette femme n'a qu'une passion : la charité. Ce qu'elle veut, ce qu'elle obtient, ce qu'elle fait est pour rendre les êtres malheureux plus rares, la vertu plus facile , Dieu plus connu , la France plus aimée. Elle nourrit deux cents orphelines , élève gratuitement quatre cents jeunes filles, traite au dispensaire tous les malades qui se présentent. Quand je dis elle, j'entends ces vingt religieuses qui, sous ses ordres, travaillent, enseignent, visitent, se multiplient et n'ont qu'un désir, celui d'être le bras de leur mère. C'est une très édifiante communauté. Les quelques Syriennes qui en font partie ne sont pas déplacées à côté des Parisiennes spirituelles , ou des Anglaises distinguées qu'on y rencontre. Nous observons que ces bonnes filles de l'Orient portent à leurs mains ou à leur front des tatouages qu'elles ont cruellement cherché à faire disparaître.