‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 2 sur 216 · LA SOEUR RAMEL · texte numérisé non relu

LA SOEUR RAMEL

à tout ce qu'on en avait espéré. Dès mon enfance, j'avais entendu citer comme un idéal d'amabilité, de douceur, de charité, une femme qui, malgré ses charmes et sa fortune, peut-être parce que son cœur avait souffert, se donna à Dieu avec un tel courage, qu'elle n'a plus consenti à regarder en arrière, même un instant, pour y revoir ce qu'elle avait jadis très légitimement aimé. Née à Rieux-Minervois, il y a quatre-vingts ans de cela, elle m'a paru n'y plus connaître personne, et la grâce l'a si bien établie dans un monde nouveau , qu'elle a tout oublié de son pays natal. La sœur Ramel est célèbre dans la congrégation de la Charité par son abnégation, son esprit pratique, sa bonté et ses œuvres. Elle l'est restée parmi ses compatriotes par ses charmes de jeune fille et la générosité de sa vocation. Enfant, on la couchait dans le même berceau que mon père. Aujourd'hui notre tombeau de famille est à côté du tombeau des siens. C'est dire quels souvenirs nous unissent. Chez moi , ils se compliquent d'une tendre vénération pour la femme dont le nom, mêlé aux récits édifiants du foyer domestique, m'a toujours rappelé la suave énergie de la grâce modelant, à travers le jeu des passions humaines, l'âme des serviteurs de Dieu.

La voilà donc cette chère sœur encore pleine d'agréable vivacité, de séduisante bienveillance, de bonheur maternel en nous accueillant. Les rides ont à peine effleuré son front, et ses grands yeux bleus reflètent toute la candeur de son âme. Le

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