GRANDES RUES
enfants, tenant dans ses mains l'urne fatale où reposaient les cendres du malheureux prince, partit, objet de compassion pour tous, elle, fille d'Agrippa et petite-fille d'Auguste , naguère environnée de respect et d'hommages par ceux qui l'approchaient, maintenant brisée dans toutes ses espérances, ferales reliquias sinuferens, incerta ultionis, anxia sui et infelici fecunditate fortunse toties obnoxia.
Deux grandes rues traversaient parallèlement la ville de l'ouest à l'est : l'une était celle qu'Hérode avait, du moins dans son prolongement principal, ornée d'une double colonnade et pavée vers l'orient ; l'autre, plus près de la montagne, s'appelait la rue de Tibère. Une troisième,, non moins importante, venant de la porte du Milieu, au pied de la citadelle, les coupait perpendiculairement avec des tétrapyles à chaque intersection. Elle se terminait, à l'angle occidental de File ou de la ville d'Épiphane, par le Nymphéum, édifice semi- circulaire orné de colonnes et où, au milieu des statues et des fleurs , une fontaine d'eau limpide répandait la plus agréable fraîcheur *. Peu de villes furent mieux pourvues d'eaux vives qu'Antioche. Tout grand personnage qui voulait se recommander à ce peuple frivole, lui offrait de nouvelles sources péniblement cherchées sur les sommets du Casius et créait de nouveaux thermes où, avec un raffine-
1 Liban. Antiochichus, p. 372, et Philostr. Apoll. Tyan., vm, 12.