BATAILLE D'ISSUS
appuyaient leurs ailes, d'après Arrien, à la mer et aux montagnes, et leur centre aux rives du fleuve. Le roi des Perses avait quatre cent mille fantassins et cent mille cavaliers. La phalange macédonienne, entr'ouverte par un faux mouvement au passage du fleuve, faillit compromettre le sort de la journée. Mais l'aile droite, culbutant tout devant elle, prit en flanc les Grecs mercenaires , et la déroute des Perses devint aussitôt générale. Darius s'enfuit honteusement, laissant au pouvoir du vainqueur sa mère, sa femme, sa sœur et ses enfants. Alexandre, entendant des gémissements et des cris déchirants sous la tente royale, fit dire aux femmes que Darius n'était pas mort, et qu'elles-mêmes n'avaient rien à craindre. Puis il vint lui-même les visiter suivi d'Héphestion. C'est alors que la reinemère , troublée par sa douleur et frappée surtout de la haute taille d'Héphestion , se prosterna devant lui, le prenant pour Alexandre : « Vous ne vous trompez pas , ma mère , dit le vainqueur, car celui-là est aussi Alexandre. » Cent mille cadavres étaient entassés dans la petite plaine et les défilés des montagnes. Les aigles de l'Amanus et les fauves furent approvisionnés pour de longs jours. J'aime à m'asseoir sur cette route. C'est celle qui par terre allait directement d'Antioche à Tarse. Barnabe et Paul y sont passés.