‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 51 sur 216 · PASSE -TEMPS · texte numérisé non relu

PASSE -TEMPS

Les journées nous semblent des siècles. Alexandriascabiosa! Elle Test de toute façon. Le soir, sur la grève, assister à la pêche; le matin, visiter les bazars ; à midi , voir arriver les caravanes d' Alep : telle est la série peu variée de nos distractions. La ville n'est qu'un vulgaire entrepôt de commerce. On projette d'en faire la tête de ligne du chemin de fer allant à l'Euphrate par Alep. Un tunnel passerait sous Beylan, et un viaduc franchirait le ravin du Diable, à cent soixante- dix mètres de hauteur. M. Eiffel pourra y jeter une de ses arches gigantesques, sœur de celle de Garabit et digne des merveilles qu'on va voir à l'Exposition. Ce sera pittoresque, et on ne se morfondra plus à Alexandrette. En attendant, épuisons-nous plus que jamais dans l'admiration des teintes de l'Amanus au soleil couchant, des flots azurés de la mer, de la force musculaire des Ansaryehs , de la ruse des Arméniens , de la patience des dromadaires. Demain ce sera comme aujourd'hui. Un poète italien, le signor de Gibelis , nous donne une séance de déclamation assez intéressante, mais sur un ton si excessif, que deux de nos Pères Carmes, invités à notre dessert, laissent là, sans le boire, un verre de vin de la Commanderie et se sauvent comme s'ils avaient affaire à un fou furieux. Le P. Guillermin, qui reçoit ses gestes en pleine poitrine, n'est guère plus rassuré. De Gibelis était directeur de collège à Khartoum. Il va visiter le schah de Perse, dont il se croit le frère.

Une plus consolante récréation est d'aller,

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