‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 60 sur 216 · LA PORTE ROMAINE · texte numérisé non relu

LA PORTE ROMAINE

bien établis. Ses eaux, que nous goûtons, sont froides et crues. Il serait imprudent d'en boire à son aise. Une large cascade que nous atteignons sitôt après offre le plus joli coup d'œil. Un bras du fleuve y tombe à travers des roches abruptes , sur une largeur de cinquante mètres, creusant des ponts naturels, passant au-dessus de grottes profondes que l'on peut visiter au temps où les eaux sont basses, et, tout blanc d'écume, va se précipite à travers de capricieux circuits dans la plaine où fut l'ancienne cité.

Des remparts d'Haroun-al-Raschid eux-mêmes il reste à peine de pauvres ruines, que le temps et la main des hommes dispersent tous les jours. Ce qui est toujours debout et plein d'intérêt, c'est la vieille porte romaine, dont nous avons remis la visite à la dernière heure, parce qu'elle est sur nos pas en allant à la gare. Ce monument, encore superbe, tout roussi qu'il soit par le soleil et ébréché par quelque main barbare, nous reporte aux générations qui bâtissaient pour l'éternité. Très solidement cintré, l'arceau n'a pas fait un seul mouvement. Quant aux ornements, ils ont à peu près tous disparu. On voit les trous où furent scellés les gonds des vieilles portes. Au midi une niche abrita la divinité tutélaire de la cité. Cette antique construction a sans doute vu passer Paul quittant sa patrie pour aller jeter par le monde la nouvelle pensée religieuse qui travaillait son âme.

Un médecin italien que nous rencontrons à la gare promet de nous montrer, Plutarque en main ,

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