TEMPLE D'ASTARTÉ
A voir le type de la population actuelle, nous demeurons convaincus qu'il a été aussi modifié que l'aspect de l'île , autrement il faudrait convenir que la déesse de Paphos et son culte ne profitaient guère au développement de la beauté des formes plastiques chez ses fanatiques adorateurs.
Sur une butte appelée Bamboula , que les Anglais viennent de faire niveler pour combler le marais où fut l'ancien port, s'éleva jadis un temple d'Astarté. Dans les substructions on a trouvé, avec de nombreuses statuettes en terre cuite , des tablettes de marbre où étaient gravés les salaires dus aux divers employés du temple, portiers, décorateurs, barbiers, chanteuses et personnages infâmes voués au culte de la déesse. On peut voir aussi des arasements d'un autre sanctuaire vers l'ouest. Deux piédestaux de marbre portaient le nom de Déméter, Protectrice des bords de la mer. A en juger par les misérables moissons nées dans ces champs, où l'acreté du sol arrête la végétation , il a dû être de tout temps utile d'implorer la protection de Cérès sur les sillons brûlés par le soleil et par la salure de la mer.
A l'intérieur, la ville est absolument morte. Tout le mouvement se concentre au faubourg qui longe la plage. Les PP. Franciscains nous font un excellent accueil. De belles roses et quelques fleurs que j'admire dans leur jardin m'expliquent la qualification de parfumée, eûwSï);, que les grecs donnaient à l'île. A dîner on nous offre du vin de la Gommanderie. Sans être séculaire, comme celui que