‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 80 sur 216 · MILET · texte numérisé non relu

MILET

haut et le port, la grotte fameuse où il aurait écrit son Apocalypse. Une chapelle y a été bâtie. De nombreuses lampes y éclairent quelques peintures où sont assez grossièrement représentées des scènes de l'Apocalypse. M. Vigouroux se traîne comme il peut sur le pont pour saluer ce site biblique.

Sur la côte de Carie, à notre droite, c'est Milet, à peu près enseveli sous les atterrissements du Méandre. Le même phénomène que nous constaterons à Éphèse s'est produit ici. L'ancien golfe Latmique se trouve à peu près comblé, et un lac intérieur marque seul le point où la mer arrivait jadis. Près de Palattia subsistent quelques ruines de la grande ville qui, rivale de Tyr et de Garthage, étendait ses relations commerciales jusqu'aux colonnes d'Hercule. Thaïes, Anaximandre, Anaximène, Eschine, naquirent à Milet. Aspasie en était aussi , et les mœurs corrompues de cette ville sont demeurées célèbres. C'est là que Paul, ne voulant pas s'arrêter à Éphèse de peur d'y être retenu trop longtemps, et désireux d'arriver à Jérusalem pour la Pentecôte, fit venir les Anciens de sa chère église éphésienne, et leur adressa cet émouvant discours dont le souvenir a encouragé tant d'autres séparations héroïques, quand les hommes de Dieu, appelés par l'Esprit, ont dû fouler aux pieds toutes les affections pour aller porter ailleurs la lumière de l'Évangile. Les tendres représentations du pasteur, la sainte fierté de l'apôtre, le courage du martyr, y sont mêlés aux sentiments de la tendresse la plus exquise. Il rappelle aux gardiens

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