SAMOS
du troupeau ce qu'il a fait et ce qu'ils ont à faire, puis il tombe à genoux au milieu de ses fils, de ses amis qui viennent reposer leur tête sur son épaule , et l'arroser de leurs larmes en recueillant son dernier adieu. Mon âme se plaît dans ces souvenirs détendre fraternité et de douce résignation, qui sont le caractère distinctif des assemblées de la primitive Église. Et ces disciples, l'ayant conduit jusqu'au vaisseau, le suivirent longtemps encore du regard et le saluèrent d'un dernier geste d'adieu. Ils ne devaient plus le revoir parmi eux. Tout dispose aux émotions faciles sous ce ciel pur, au bord de ces mers bleues, dans cette lumière éblouissante, et je ne m'étonne pas que les hommes y aient été particulièrement impressionnables et prompts au bien comme au mal.
Nous marchons droit sur Samos , qui dresse devant nous sa chaîne de montagnes, terminée à l'est par l'Ampélos, couvert de vignes, et à l'ouest par le Kerki, en grande partie boisé d'oliviers dans le bas, de pins et de sapins dans le haut. M. Guérin a décrit dans un livre trop peu connu cette île célèbre. Il nous en indique les points principaux. De Vathy, sa capitale actuelle, nous ne verrons que le port et quelques maisons dans une heure, quand nous aurons passé le Bogaz. Elle est sur la rive septentrionale, vers l'est, cachée entre les montagnes. De là son nom (Baôu). Autrefois la ville principale fut au sud -est, là où de hautes constructions carrées et un dôme vers le levant dominent les flots. On appelle ce lieu Mégalè-