FAUX TOMBEAU DE SAINT LUC
de côté, entourant un édifice circulaire où seize colonnes supportaient un dôme. Y eut- il là un monument funèbre ? C'est peu probable , car il se serait trouvé au cœur même de la ville. Un baptistère à côté d'une église? Ce serait possible. Ainsi s'expliquerait la présence assez significative de plusieurs sarcophages renfermant les restes d'anciens évêques ou prêtres d'Éphèse. A travers le fouillis de ruines qui est devant nous , il est difficile de se reconnaître. Un bloc de marbre blanc parfaitement conservé porte à son panneau supérieur une grande croix. Sur le panneau intérieur est sculpté en bas -relief un bœuf ayant une petite croix sur ses épaules. Le bœuf est l'animal symbolique qui, dès le Ve siècle, a servi à désigner l'évangéliste saint Luc. De là à conclure qu'ici fut le tombeau du vaillant compagnon de Paul , pour des esprits irréfléchis, il n'y avait qu'un pas. Ils le firent sans songer que saint Luc n'était pas mort àÉphèse, mais dans l'Achaïe, peut-être à Patras. Du moins est-ce de là que ses reliques furent transportées, avec celles de saint André, à Constantinople , en 357 , dans l'église des Saints- Apôtres, où Justinien les trouva encore deux siècles après dans des coffres de bois. C'est assez dire qu'elles n'ont jamais été ici. Je regrette que M. Wood, dans son travail d'ailleurs très intéressant sur Éphèse , n'ait pas nommé l'auteur ecclésiastique où il a lu que saint Luc était mort ici. En tout cas, le jambage que nous voyons est de l'époque byzantine, et l'emblème dut faire le pen-