GORESSUS ET PION — LE THÉÂTRE
laquelle s'appuyait le théâtre, et où il nous faut maintenant revenir.
Cette hauteur, qui lève sa tête au milieu des ruines, fut jadis le centre de la cité. Malgré les roches qui la couronnent , elle n'en est pas moins fertile sur ses versants. De là son noiîi de Pion (gras, fécond), qui ne saurait convenir à la montagne aride où se voient encore les murs détruits de la citadelle et les restes des remparts de Lysimaque, pas plus que celui de Trachéia, donné par Strabon et Athénée à la partie inférieure du Coressus , ne pourrait s'appliquer aux flancs de la colline centrale où la végétation puissante des chardons et des hautes herbes empêche nos chevaux d'avancer.
Nous mettons pied à terre à l'entrée du Théâtre. C'est une imposante ruine. Que l'on se figure un hémicycle de cent soixante-dix mètres de diamètre, appuyant ses innombrables gradins de marbre au versant occidental de la montagne. Vingt-cinq mille spectateurs y pouvaient prendre place. Quelques portes, s'ouvrant sur les escaliers (xll^axe;) qui convergeaient vers le centre de l'enceinte, sont encore reconnaissables. Une d'elles est même à peu près conservée. Nous n'avions jamais rencontré dans notre long voyage une si étonnante profusion de colonnes brisées, de marbres arrachés et mutilés, avec inscriptions toutes fort lisibles, si elles n'étaient indignement tronquées.
Il me souvient d'avoir admiré dans je ne sais quel livre une restauration d'Éphèse imaginée par Falkener. La vue d'ensemble était prise du théâtre.