SITE REEL DE L'ANCIENNE EPHÈSE
au théâtre , bien qu'elle ait dû appartenir à l'Artémisium, la procession des statues de la grande déesse allait de la porte de Magnésie à celle de Coressus, non loin de la tour appelée Prison de Saint -Paul, on avait raison de dire qu'elle parcourait la ville entière, sauf ses quartiers plus récents au nord de l'Agora. Arrivés à la porte de Coressus, ceux qui portaient les images sacrées les déposaient dans les temples d'Ortygie, et on se dispersait à travers les bois pour y finir la fête dans de joyeux festins.
D'autre part, il est évident qu'au nord du lieu où nous sommes, la mer s'avançait considérablement dans les terres. Les alluvions du Caystre ont produit ici les mêmes atterrissements que le Méandre à Milet, et, à voir la plaine sablonneuse, on dirait encore un lac où des collines semblent se baigner. L'une d'elles, Syrie, fut jadis une île. Ainsi on parvient à comprendre que M. Wood ait pu chercher le fameux temple de Diane au levant du mont Pion. Strabon, décrivant la côte, dit : « A Pygéla succède le port de Panormos avec son temple de Diane Éphésienne. Puis vient la ville même d'Éphèse. » La plaine du Caystre au nord des ruines était donc la mer, autrement on ne comprendrait pas que les navires, arrivant par l'ouest , eussent atteint le temple d'abord et la ville ensuite , encore moins que le temple eût pu éblouir, par sa blancheur et sa beauté, les yeux des navigateurs.
Bien que la découverte de M. Wood ne concorde
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pas tout à fait avec les indications topographiques des anciens , on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'elle s'accommode assez bien de leurs données architecturales. Prétendre qu'une partie des marbres trouvés ici par le chercheur anglais n'étaient pas in situ primitivo, mais provenaient des quais du Panormos, où, d'après les indications des anciens, il fallait chercher la place de l'Artémisium, est une assertion gratuite, sinon une mauvaise défaite. Si étrange que semble le site, il faut bien croire, jusqu'à de nouvelles découvertes, que le patient archéologue anglais est tombé juste, et que le plus consolant résultat a couronné ses intelligentes recherches.
En descendant du Pion, nous prenons l'antique Voie sacrée, et, après avoir traversé le Sélinus presque à sec, nous arrivons aux fouilles de M. Wood, qui mesurent cent quatre-vingts mètres de long sur cent de large et sept en moyenne de profondeur, ce qui donne une idée des atterrissements survenus en moins de deux mille ans. Là donc, dans ce marécage ouvert devant nous, fut l'une des sept merveilles du monde, le fameux temple qu'Érostrate, pour se rendre à jamais célèbre, brûla la nuit même où Alexandre venait au monde; le temple qui fut relevé avec les dons généreux de l'Ionie entière; le temple que créa le génie de Dinocrate, où le ciseau de Gtésilas , de Cydon , de Phidias, de Phradmon et de Polyciète, vainqueur de ses quatre rivaux dans ce solennel concours, avait lutté pour sculpter les groupes des