‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 99 sur 216 · TEMPLE DE DIANE · texte numérisé non relu

TEMPLE DE DIANE

du Naos se trouvait le lieu le plus saint de l'Asie et de la terre. Les rois y faisaient déposer leurs plus précieux trésors , et nul n'aurait osé forcer la porte de l'inviolable asile.

Que sont devenues ces splendeurs du passé? Au milieu de marbres affreusement morcelés et sur lesquels coassent des grenouilles sans nombre, un ou deux fragments de colonnes sont encore debout sur leur socle ébréché. D'autres, avec leurs fines cannelures, gisent dans la boue. Quelques restes du mur de la cella sont visibles ; mais tout a été si cruellement traité parle temps, les barbares et plus récemment les Anglais, que notre bonne volonté, si soutenue qu'elle soit par les indications de l'antiquité, demeure impuissante à reconstituer le merveilleux édifice. Faut-il le dire? je m'en éloigne, demeurant, malgré moi, très perplexe sur la valeur définitive des affirmations de M. Wood. Si la mer est jamais venue jusqu'ici, pourquoi ces routes antiques traversant la plaine vers le nord? Si elle n'y venait pas, comment a-t-on pu dire que les navigateurs voyaient le temple d'abord et la ville ensuite? Si le temple fut dans la ville même, comment expliquer le passage où Hérodote raconte que les Éphésiens, attaqués par Crésus, consacrèrent leur cité à Diane en attachant au temple un cordage qu'ils tendirent jusqu'à leurs murailles, sur un espace de sept stades? Peut-on supposer qu'il y ait jamais eu douze cents mètres environ entre le marais où nous sommes et la cité? Oui, si à cette époque Éphèse fut toute au pied du Coressus. Mais

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