‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 100 sur 216 · MOSQUÉE DE SÉLIM · texte numérisé non relu

MOSQUÉE DE SÉLIM

alors pourquoi bâtir vers l'orient le temple, qui avait sa place toute naturelle à l'occident, en avant de la ville et vers le port? Plus que jamais je soupçonne que des fouilles sur des points plus rapprochés de la mer pourraient ménager à la science de singulières surprises. Qu'avait à faire au théâtre la fameuse inscription du temple qu'on y a trouvée? Peut-être le dernier mot sur la topographie d'Éphèse n'a-t-il pas été dit. Dans la thèse de M. Wood, il faut admettre que l'ancienne ville, groupée autour du temple et du port, occupa la hauteur du château, le village d'Ayasolouk et enfin la plaine que nous avons traversée pour aller du village à la porte de Magnésie.

La mosquée du sultan Sélim , qui est sur notre chemin en regagnant la voie ferrée, fut bâtie, selon la tradition, sur une très ancienne église consacrée à la sainte Vierge. Nous serions donc devant les restes de la fameuse cathédrale que l'évêque Memnon offrit pour la réunion du concile d'Éphèse et qui, reconstruite plus tard par Justinien, fut embellie de marbres enlevés aux temples païens. Il s'en retrouve encore des fragments nombreux et des plus remarquables dans la belle mosquée. Il y aurait même de curieuses inscriptions à relever dans cette enceinte que le temps dégrade tous les jours. La toiture s'est effondrée dans un tremblement de terre. Un minaret, frêle et misérable colonne de briques, se dresse à moitié détruit vers l'entrée principale de l'édifice. Aucun muezzin n'y monte plus, car la mosquée est aban-

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