‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 103 sur 334 · EN VUE DE DAM · texte numérisé non relu

EN VUE DE DAM

duisent l'effet de vastes campements au milieu des sables.

Notre halte pour le repas est courte. Je paye un baglichich d'avoine à nos bêtes. Elles ont fort à faire d'ici à Damas. Un de nos moukres, qui a abusé de l'hospitalité du cheik Arkaoui et de ses narguilehs, se trouve sérieusement malade. 11 est difficile de lui faire accepter un grain de sucre trempé dans l'élixir des Chartreux. Quand il l'a avalé, il se croit irrémédiablement perdu. Nous le laissons au khan, demain il sera guéri. Vers cinq heures seulement, nous apercevons les minarets et les coupoles de la Reine du désert. Ils étinccllent aux derniers rayons du soleil. Les Arabes appellent Damas Ech-Cham, du nom même de la Syrie, dont elle est la (apitalc. Une forêt de vergers l'entoure. Quand les caravanes, épuisées de fatigue, brûlées par le sable et le soleil, l'aperçoivent à l'horizon, ils la saluent comme un véritable paradis. Nousmêmes, sans arriver du désert, nous éprouvons un délassement réel à reposer notre regard sur la verdoyante oasis et la grande ville où nous allons enfin retrouver quelque civilisation

Est-ce d'ici même, ou de Kaukab, un peu plus loin au sud-ouest et sur la route vouant d'- Palestine, par le pont des Filles do Jacob, que Saul, apercevant Damas et s'exaltant dans fanatisme, fut subitement terrassé par la grâce de Dieu? Je ne sais, mais j'éprouve une consolation très douce, en quittant la trace du Maitre, à retrouver aussitôt celle du grand disciple. A

m^WMMmimm.

^ifc ^>;>;^\.

wm

mmmm)£mwm?ï'iy-.:,. -..

Page 1