LATAKIEH
demande à grands cris le protectorat effectif de la France, tel qu'il se pratique en Tunisie. Je crois que ce serait désirable pour la prospérité du pays; mais est-ce possible? Serait-ce prudent? En tout cas, nos écoles françaises préparent le terrain. Les Ansaryehs, population à part comme religion et comme mœurs, aiment notre drapeau. Ils sont laborieux et bons soldats. Un jour ou l'autre les peuples d'Occident renverseront d'un coup de pied les droits fort compromis du sultan sur des pays qu'il épuise et ne protège pas. Comment chaque puissance européenne prendra-t-elle sa part de terre, je ne dis pas à posséder, mais à civiliser? Je l'ignore. Aux voix, c'est la France qui aurait à peu près tout. L'homme de l'Orient sait par expérience que l'Angleterre arrive toujours pour prendre et la France pour apporter.
Au point de vue des ruines, les voyageurs visitent un tétrapylum, ou arc triomphal à quatre ouvertures, élevé par Auguste, si on en croit Malala, et dont le pareil se trouvait à Antioche. Il mesurait seize mètres sur chaipae face et était surmonté d'une coupole dont la première assise est ornée de boucliers, de cuirasses et de casques sculptés. Quelques colonnes, avec leur entablement, marquent un peu plus loin la place d'un ancien temple. Tout cela a résisté aux formidables tremblements de terre qui ont tant de fois bouleversé la ville et semé çà et là tant de colonnes brisées. Parmi les tombeaux, on en montre un, fort vaste, qui aurait une importance