‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 133 sur 334 · ANCIEN QUAKT1EK JUIF · texte numérisé non relu

ANCIEN QUAKT1EK JUIF

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de large sur vingt de long. Elle est d'une nudité parfaite. Une source d'eau très limpide s'y maintient à fleur de terre. A-t-elle servi autrefois à l'administration du baptême? Quelques excavations dans le roc furent-elles destinées à recevoir des lampes pour éclairer l'assemblée chrétienne? C'est ce que nous dit le P. Modeste. Par une ouverture, pratiquée au fond d'une sorte de sacristie, on pourrait suivre une galerie qui s'élève graduellement dans la montagne escarpée. Peut-être conduit-elle à l'une de ces nombreuses grottes creusées dans le ravin, et où de pieux anachorètes vécurent jadis, se livrant aux plus étranges manifestations, tandis que les bruits de la ville licencieuse montaient jusqu'à eux, comme le murmure expirant de la folie humaine. Ces grottes sont surtout nombreuses dans l'immense fissure qui sillonne la montagne un peu plus vers le couchant. Percée de part en part comme une ruche gigantesque, elle rappelle par son aspect la Quarantania, les gorges du Kelt et les rochers d'Arbèle.

Il me souvient d'avoir lu dans Théodoret qu'au quatrième siècle on montrait encore, au pied de la montagne d'Antioche, les cavernes où saint Paul avait habité et évangélisé les premiers disciples. Elles devaient se trouver vers l'Orient, et là même où fut bâti le couvent qui porta le nom du grand apôtre.

Volontiers je serais disposé à croire que ce quartier de la ville devint plus particulièrement celui des Juifs, qui vécurent ici presque aussi

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UN SANCTUAIRE

nombreux et aussi puissants qu'à Alexandrie. Séleucus Nicator leur avait donné droit do cité, en les mettant sur le même pied que les Macédoniens et les Grecs. Ils avaient leur chef ou Alabarque, et se régissaient selon leurs propres lois. En dehors des relations commerciales qu'il fallait entretenir avec les Gentils, ils abhorraient de vivre à côté d'eux. N'est-il pas naturel qu'ils se fussent relégués en dehors des quartiers où les théâtres, les temples, les lieux de réjouissances devaient sans cesse troubler leur religion? Le fait qu'à l'orient de celte partie de la ville s'ouvrait le faubourg de Marc-Agrippa, protecteur officiel des Juifs, tandis qu'au nord courait la grande avenue d'IIérode, appuie cette hypothèse. Si on observe, en outre, (pu- le mont au pied duquel nous sommes s'est appelé plus tard Stauris {la Croix), tandis que la partie occidentale du Silpius fut nommée Orocassadiès, on pourra trouver assez, plausible lu tradition qui place ici un sanctuaire de l'Église primitive.

Toutefois je ne pense pas qu'il faille y chercher celte célèbre église, dite V Ancienne n«Xa(a), m chère aux fidèles, fondée par les apôtres, el mère

des autres (''élises, cuiimie dit suint ChrySOStome.

11 a pu y avoir des l'origine un oratoire, mais on n'y trouverait pas la place d'une église proprement dite, à moins que, les murs ayant été détruits, le terrain lui-même n'eût été entraîné

par les pluies d'oraue, laissant à nu les alentours du rocher. Sans admettre comme démontré (pie l'église dite Apostolique fût la maison même de

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