GROTTE DU CIMETIÈRE LATIN
terre. La population antiochienne, tout en gardant, parait-il, la légèreté de mœurs d'autrel l'a compliquée d'un fanatisme peu commun. Une inscription nous avertit que le P. Basile Capucins fut poignardé, il y a dix-huit ans, par des visiteurs qui lui avaient demandé de jouer de l'orgue devant eux, et qui le massacrèrent sur le clavier même de l'instrument, parce qu'il faisait le bien au nom de Jrsus-Christ! Quelque temps auparavant, un prêtre grec-schismatique était venu avec un firman de Constantinople pi ur organiser ses coreligionnaires en paroisse. Axant tout, il devait bâtir une église. On lui demanda où il voulait mettre ses ouvriers. Avec empressement il courut en marquer la place- prés d'un bel arbre, à la porte Saint-Paul. Hélas! le pauvre homme n'en revint pas. On le pendit à L'arbre même qu'il avait désigné, et sur un écriteau les passants purent lire pendant de longs jours « Celui qui dépendra ce chien sera mis a sa place. »
('•■s affreux souvenirs nous reportent a--/ loin du tableau que mon imagination se retraçait de cette Antiochc voluptueuse et frivole où jadis tout était chants joyeux, plaisirs, jeux d'esprit, poésie, vie facile des théâtres et des cirques. Il est vrai que de l'ancienne population il ne reste à peu près rien, et que les Turcs l'ont entièrement supplantée. A peino si de rares Européens ont osé se fixer à côté d'eux avec quelques Syriens et Arméniens s'occupant de négoce. La grotte où nous entrons peut avoir dix mètres