‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 139 sur 334 · P'»'"""HI · texte numérisé non relu

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L'OROXTE

M. Toselli nous a montré des camées ainsi recueillis dont on avait offert des sommes énormes. M. Toselli est un ingénieur italien, intelligent et serviable, qui deux fois a fait et défait sa fortune en Syrie, et qui risque de la refaire encore si le chemin de fer projeté à travers l'Asie prend réellement Souedieh pour tête de ligne. On cause volontiers avec lui. C'est un des rares hommes qui, dans des pays privés de toute vie intellectuelle, se préoccupe encore de science et d'archéologie.

La tempête nous condamne à l'inaction. Il faut se contenter de regarder mélancoliquement, à travers nos fenêtres, l'Oronte qui grossit toujours et une grande roue qu'il fait mouvoir pour monter l'eau dans des terres où les cataractes du ciel se chargent bien de la jeter aujourd'hui. La Fable suppose que le monstre Typhon, foudroyé par Jupiter au pied de l'Amanus, peut être prés de Pagras, nom donné aussi au terrible géant, creusa, en se dérobant aux foudres vengeresses, le lit sinueux du fleuve jusque près de Baalbek, où, s'enfoneant tout à coup sous terre, il fit jaillir une abondante source. De là le nom de Typhon primitivement donne au fleuve. Celui d'Oronte lui viendrait, d'après Strabon, du premier architecte qui jeta un pont pour réunir ses deux rives. Les Arabes l'appellent El- Assy, le Rebelle. Très longtemps le peuple a cru que les tremblements de terre si fréquents dans le vallon n'étaient que les convulsions du monstre vaincu et couché sous le sol. En ce cas,

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