‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 144 sur 334 · CHEZ LES TURCS · texte numérisé non relu

CHEZ LES TURCS

sanctuaire chrétien. D'autres ossements de martyrs y furent pareillement ensevelis. Comme l'islamisme a toujours établi ses mosquées sur les plus célèbres sanctuaires de l'Eglise chrétienne, je serais fort désireux de constater, par des arguments plus décisifs, ce que j'avan comme une simple hypothèse.

Notre messe, dite dans la pauvre petite chapelle des Latins, et notre âme un moment embaumée par tous les grands souvenirs de l'Egli primitive, souvenirs des apôtres, des évangélistes et des prophètes d'alors, des martyrs, des docteurs, des conciles, des luttes religieuses pour la justice et la vérité, nous nous rendons à l'entrevue si gracieusement préparée. Dans le divan des deux frères protecteurs de la mosquée, l'élite de la société turque nous attend et nous fait un accueil des plus officiels. Le Bilence est la forme ordinaire qu'adopte l'éloquence des Turcs. Nous avons le temps de nous regarder et même d'observer un croquis de locomotive rouge et verte, dans le style de nos jeunes écoliers, qui orne la principale paroi de la salle. Je souhaite aux trois autres côtés du mur encore nus des exécutions plus artistiques que celleslà. Le café pris, le narguilhé et la cigarette; poliment refusés, nous commençons à nous lasser d'attendre.

Or voici que des cris violents s'élèvent à la porte du divan, sur la terrasse, car nous avons été reçus dans la salle supérieure, le cénacle des anciens. Les deux maîtres de la maison se

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