CHEZ LES TURCS
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lèvent, l'iman les suit et le tumulte n'en devient que plus formidable. Que se passe-t-il? L'employé subalterne, gardien de la fameuse crypte, résiste à toutes les instances et se moque des solennelles injonctions qu'on lui adresse. Il déclare à liaute voix qu'il tient du sultan la clef des tombeaux et qu'il n'ouvrira que sur l'ordre du sultan. Cet ordre serait long à venir. En attendant, nos hôtes, leurs fils, l'iman, le caïmakam, l'accablent d'injures, peut-être même d'arguments frappants, ce qui ne change rien aux dispositions morales du fanatique obstiné. Nous prions alors M. Toselli d'intervenir pour faire cesser une scène si violente, et nous déclarons que, puisqu'il y a un si invincible obstacle, nous n'irons pas à la mosquée. Mais nos Turcs croient qu'il est de leur honneur de nous tenir parole. Le gardien crie qu'il mourra martyr plutôt que de céder. Nous quittons la place.
A peine dans la rue, un émissaire nous annonce qu'on va enfoncer les portes de la mosquée et de la crypte pour nous conduire au tombeau. Après ce que nous venons de voir, il ne serait pas prudent d'envenimer le conflit. Les souvenirs du P. Basile poignardé et du prêtre grec pendu sont encore trop frais pour jouer avec le fanatisme de ces gens-là. Je me contente de recommander mon hypothèse à quelque voyageur qui passera à Antioche, quand le farouche gardien du tombeau aura disparu. Tout ce que j'ai su par M. Toselli, c'est que la crypte est profonde et qu'à la moindre crue de l'Oronte
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