LES CHRÉTIENS
humaine. Après lui et avec lui voici Paulrqui prêche, tout près du Panthéon, clans la rue du Singon, peut-être là où est la Tekkeh actuelle et où fut l'église ancienne ou primitive, le néant des faux dieux. Bientôt les convertis de l'Évangile sont assez nombreux pour former une société que les païens désignent d'un nom étrange et inintelligible à plusieurs. Ce ne sont plus des juifs ou des philosophes, ce sont des Chrétiens.
Quels souvenirs évoque ce nom! Je crois l'entendre retentir à ma droite, où fut l'amphithéâtre, au milieu de sinistres clameurs. Car à quelques années de là le peuple, ivre de sang, criait ici comme à Rome : « Les chrétiens aux bêtes ! » Tous les martyrs ne furent pas envoyés aux lions de la capitale, comme cet Ignace qui, dans l'hémicycle du Csesarium, avait répondu à Trajan : « Oui, je suis Théophore, car je porte Jésus-Christ dans mon cœur! » et plus d'un est mort ici. Puis se levèrent sur la génération chrétienne des jours de paix et de triomphe. Dans une splendide cathédrale que Constantin avait commencée, que Constance acheva et dont les ruines sont peut-être au nord de la troisième ville, dans ces jardins se rapprochant des remparts où un vaste monticule attire l'attention des voyageurs, les foules accouraient avides d'entendre la parole de Dieu. Au milieu d'une vaste cour, entourée de murailles, le temple chrétien s'élevait en octogone régulier, surmonté d'un dôme tout resplendissant de lames d'or. Saint- Vital, bâti par les Goths à Ravenne, en repro-
;Ai
Hî