‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 150 sur 334 · ANTIOCHE AU TEMPS DES APOTRES · texte numérisé non relu

ANTIOCHE AU TEMPS DES APOTRES

Bacchus, l'orgie s'étalait cyniquement. Deux cents décurions allaient et venaient, réglant l'ordre de toutes ces fêtes, de tous ces jeux. A travers ces exhibitions bizarres, des bateleurs, des charlatans babyloniens, des chanteurs donnaient des spectacles au coin des rues: des magiciens, des vendeurs de talismans, des thaumaturges, chuchotaient leur- secrets autour des temples, et une population de trois cent mille âmes allait et venait, écoutant, regardant, parlant grec, syriaque ou même latin, passant d'un plaisir ou d'une affaire à l'autre, remuant toute sorte d'idées, menant une vie honteusement sensuelle, sans être, au fond, incapable de grandes aspirations.

Mais quels sont dans cette foule ces Juifs nouveaux venus que la persécution a chassés hier de Jérusalem? Leur figure reflète une flamme intérieure qu'ils communiquent d'abord à leurs compatriotes dans des confidences intimes. Puis la vérité dont ils sont dépositai les tourmente, les presse de parler, et ils la livrent à qui veut l'entendre : « H n'y a qu'un Dieu, c'est le Père céleste. Il n'y a qu'un Docteur et Sauveur, c'est Jésus crucifié, mort, ressuscité et, Seigneur du monde. >■ Va les Grecs les écoutent. Ce vir bonus dicendi peritut plein du Saint-Esprit, à la foi vivo et agissante qui inaugure, dans la basilique Césarienne, au Muséum ou au Gymnase, des conférences publiques, < Barnabe. La foulo goûte sa parole flère e1 neuve, révélant au monde le secret de la dignité

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