‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 154 sur 334 · DAPHNÉ · texte numérisé non relu

DAPHNÉ

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débris d'ustensiles de toilette, anliha, comme on appelle ces trouvailles.

Il y eut, à quelques pas d'ici, une porte qui s'ouvrait au bout de la rue de Tibère, et qu'il ne faut pas confondre avec celle de Daphné, ou de saint Georges au moyen âge. M. Toselli a relevé cette erreur de M. Rey. Cette porte fut celle des Chérubins, ainsi nommée parce que Titus y avait fait placer les animaux symboliques enlevés au temple de Jérusalem. Malala raconte, en effet, qu'Antonin le Pieux commença à la porte des Chérubins le pavage de la rue de Tibère. Celle de Daphné s'ouvrait plus bas sur la fameuse rue des Portiques, commencée par les Séleucide el terminée par Hérode. ("est de là que partaient les cortèges sacrés poui se diriger vers le fameux temple d'Apollon.

Tl serait difficile, en se rendant aujourd'hui à Beït-el-Mâ, de se faire une idée de ce que Daphné fut jadis. Tant de gracieux édifices qui bordaient la route, bains, hôtelleries, sanctuaires, lieux de réjouissance, maisons privées, jardins public-, ont tous disparu. Beuls de vastes massifs de lauriers, des myriades de fleurs voyantes el parfumées, ei quelques ruisseaux descendant de la montagne vers l'Oronte, laissent entrevoir ce que la nature avait offert à la main de l'homme pour embellir des ii,.U\ auxquels L'imagination des Crées avait voulu rattacher tardivement une tradition mythologique éclose sur d'autres terres. On vénérait dans l'immense bois sacré Apollon poursuivant Daphné métamorphosée en

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laurier, au moment où le dieu allait l'atteindre. L'arbre sacré dont Phébus resta épris :

Hanc quoque Phœbus amat,

a conservé dans ces parages une vigueur surprenante. Il était aisé à la poésie antique d'animer délicieusement une si belle nature. Le vert feuillage fut la chevelure éparse de la jeune vierge, et les branches rappelèrent ses bras élevés dans un mouvement d'effroi :

In frondem crines, in ramos brachia crescunt.

Ses traits avaient disparu dans la cime do l'arbre, entourée comme d'une auréole par les derniers reflets de la beauté virginale qui venait de s'évanouir. Il y a dix-huit siècles, on prétendait montrer encore dans le temple de Daphné le laurier même de la métamorphose. Çà et là quelques roses rappellent celles qui avaient fait donner à une partie de la route le nom de Rhodion. Le chemin au flanc de la montagne s'élève peu à peu. De la ville même de Daphné, de ses thermes, de ses théâtres, de son château d'eau, des temples d'Isis, de Diane et de Vénus, du stade où se célébraient des jeux olympiques, si fameux dans la mère-patrie, d'où ils avaient été importés, il ne reste pas de trace. Quelques cyprès, maltraités par les orages et mourant de vieillesse, rappellent peut-être l'immense couronne de ceux que Séleucus avait plantés autour du téménos d'Apollon. Là furent ces bosquets

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