MONASTÈRE ET GROTTE DE SAINT-PAUL
disparu. L'un.des pilastres est fortement entamé. Ces splcndides matériaux semblent se tenir à la disposition de qui veut les prendre. Une fontaine, peut-être l'ancienne Olympias, qu'Alexandre, au dire de Libanius, aurait ainsi appelée parce qu'il en trouva les eaux aussi délicieuses que le lait de sa mère, porte également le nom de l'Apôtre. Cela s'explique par le voisinage du fameux monastère dont les ruines sont devant nous, au flanc de la montagne.
Celui-ci fut bâti près des grottes que la tradition indiquait comme ayant abrité l'apôtre des Gentils. L'une d'elles se voit encore en face de la porte principale du couvent. Sur les deux rives d'un ravin peu profond, on retrouve la naissance d'une voûte qui longeait la façade du monastère et le rattachait à la grotte. Les ruii que nous abordons Bont tellement confuses, qu'il est impossible de s'y hasarder et, par Buite, d'y rien reconnaître. Des secousses périodiques y ont tout bouleversé et brouill * probable-
ment près de ces cavernes de saint Paul que les catholiques, chassés de leurs églises par Valons, se réunissaient en plein air quand, sous la conduite de Plavien et de Diodore, ils se plaisaient à affirmer leur foi orthodoxe en chantant les louanges de Dieu et on écoutant ses divins oracles sous la pluie, la neige et les ardeurs du soleil.
La route que nous prenons pour revenir à la ville va en ligne droite, à travers quatre kilomètres, jusqu'au point où nous avons retrouvé
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LA COLONNADE D'HEROUE
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ce matin la porte de Daphné. Ce fut la belle rue ornée d'un double rang de portiques dont il a déjà été question. Des colonnes se retrouvent encore couchées ça et là dans les jardins que nous longeons. A vrai dire, cette large route, couverte de cailloux, est si détestable, qu'on peut, en invoquant la même raison qui détermina Hérodc à la faire paver de magnifiques dalles blanches (^v yip Suoêa-roç), souhaiter qu'un pacha quelconque la fasse au moins épierrer. En outre, elle se trouve absolument envahie depuis hier par l'Onopniétès, et il faut moins songer à admirer la belle nature qu'à se tirer comme on peut du nouveau lac où nous venons d'entrer.
Néanmoins je propose à mes amis mes vues définitives sur la vieille Antioche, et nous les discutons chemin faisant. Puisque, d'après Strabon, la ville se divisa en quatre quartiers distincts, chacun avec ses remparts, mais tous définitivement enfermés dans une enceinte commune, voici comment j'entends la situation respective des quatre villes.
La première et la plus importante fut bâtie par Séleucus, près du fleuve, pour éviter les eaux qui, aux jours d'orage, descendaient de la montagna et menaçaient d'entraîner avec elles tout ce qui était sur leur passage. Toutefois il faut bien admettre que la montagne fît aussi partie de la ville, car Antioche ne fut bâtie en ce lieu que pour s'appuyer sur l'Oronte au nord et le Silpius au midi. Deux torrents, le Phyrminus ou Onopniétès au levant, et le Zoïba au cou-