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chant, débouchant aux deux extrémités de la montagne, devaient défendre, comme une fortification naturelle, les deux remparts qui, du Silpius au fleuve, achevaient de protéger la ville. On retrouve encore des restes de celui de l'orient, non loin du cimetière latin, dans la direction de l'Onopniélès. La maçonnerie en e>t tout à fait semblable à celle des fortifications de Sélcucie, et il est naturel de les faire remonter à Séleucus, le fondateur de la ville.
Sans doute l'enceinte de cette Antioche primitive fut vaste, si nous observons le carré qu'elle occupait; mais on ne doit pas oublier qu'elle était destinée à recueillir la nombreuse population d'Antigonie, ville de soixante-dix stades de pourtour, que Séleucus avait résolu de transplanter ici. Les premiers habitants s'établirent dans la plaine le long du fleuve, tandis que les soldats occupèrent le Silpius ou l'Acropole, el ainsi dans cette première ville il faut en trouver deux, la ville liasse, riche et populeuse, la ville haute ou Acropole, Iopolis. C'esl le seul moyen d'expliquer les affirmations de Strabon et des autres qui, parlant de Tétrapole et de quatre villes, ne mentionnent que trois fondateurs^ Au reste, il arriva que, les habitants se multipliant très vite et les Juifs accourant en masse pour y jouir des privilèges octroyés par Séleucus, les deux villes se rapprochèrent rapidement, se rencontrèrent et même devinrent insuffisant
Callinicus résolut alors d'ajouter à la première enceinte une seconde montagne avec le fragment
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de plaine qu'elle dominait au levant de l'Onopniétès 2t de son rempart. Ce fut là la troisième ville. Elle était limitée au nord par le bras de l'Oronte aujourd'hui desséché, dont nous venons d'observer et de relever soigneusement la direction. Si Mtiller eût visité Antioche, sa carte aurait été tout autrement conçue et plus en harmonie avec les données topographiques qui subsistent encore.
Comme l'espace manquait toujours, Antiochus IV Épiphane, ou peut-être Antiochus III le Grand, fit bâtir la quatrième ville dans l'île formée, comme je l'ai dit, par deux bras de l'Oronte. Celui qui sert actuellement de lit au fleuve fut en partie creusé pour la défendre au nord, et l'autre l'enveloppa au sud tout en couvrant, comme précédemment, les remparts de la ville de Callinicus. Voilà, semble-t-il, l'explication la plus naturelle du nom de Tétrapole donné à Antioche. Le Nahr-el-Koassieh, que l'Oronte reçoit à deux à trois cents mètres de l'ancienne bifurcation, avait préparé d'avance une déviation partielle du fleuve dans la direction qu'il suivait lui-même.
Nous savons en outre que la grande ile dont nous venons de reconnaître la place, en la traversant dans toute sa longueur, était abordée par cinq ponts munis de tours. Les ruines de l'un d'entre eux sont encore visibles au bord de l'Oronte actuel, non loin de l'ancien cirque. Seul le palais royal, accosté par les belles avenues dont nous avons parlé, occupait un quart de la
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nouvelle ville et constituait son principal4orncment. Les autres édifices publics étaient dans la cité ancienne. Les temples de Pan, de Vénus, d'Esculape, de Mars, de Bacchus, se groupaient en partie, comme à Athènes, sur les flancs do la montagne. Le théâtre, successivement agrandi par Agrippa, Tibère et Trajan, et l'amphithéâtre pour les gladiateurs, s'y trouvaient aussi. Libanius observe qu'ils étaient quand même assez près de partout pour offrir aux citoyens les spectacles les plus variés, sans les obliger à un déplacement considérable. Plus au centre de la ville et en descendant dans la plaine était le Caasarium, souvent détruit et transformé, mais dont la concha ou partie semi-circulaire, servant de tribunal, subsista toujours, avoisinée par le Pièthre et par un Xyste. Plus bas encore et au point d'intersection entre la grande avenue des colonnades et la rue qui allait du pied de la citadelle au fleuve, était le plus célèbre d< - Tctrapylum abritant l'Omphalos, sur lequel reposait une statue d'Apollon assis. Quand l'Onopniétès riait en fureur, il jetait ses eaux jusques-là, et nous venons de constater qu'il sait y arriver encore. Tibère y avait enterré quelques talismans pour arrêter ses invasions, si M. Toselli, qui doit faire exécuter des fouilles sur ce point même où nous passons à l'instant, vers l'entréo de la ville, venait à les découvrir, il rendrait service à la science. A ce Tetrapylum se rattachaient le Forum et quelques édifices publics, Muséum et Basiliques diverses, dont les restes
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sont exhumés de temps en temps par les chercheurs de pierres ou de trésors. On a trouvé un peu à notre droite, et par conséquent au nord de la rue des Portiques, deux supcrhes colonnes en diorite porphyroïde de sept mètres de long et soixante centimètres de diamètre, et plus loin dans la môme direction, mais en inclinant vers le couchant, d'autres colonnes de marbre blanc. Il est regrettable que pas une seule inscription ne soit venue éclairer et fixer nos hypothèses. J'imagine toutefois que ces ruines appartenaient aux édifices voisins du Forum. Un autre monticule, dans l'axe de la rue descendant de la citadelle, mais assez près de l'ancien bras du fleuve, correspond peut-être au Nymphéum. Le propriétaire, convaincu qu'il y a des trésors cachés, a interdit d'y faire des fouilles. On y trouverait sans doute enfouis les restes de l'antique coupole de marbre au milieu de colonnes brisées, et peut-être quelques-unes des statues qu'elle abritait.
Enfin un dernier tumulus, plus vaste encore et que nous avons remarqué à cinq cents mètres de la porte de Saint-Paul, dans l'ancienne ville de Callinicus, au nord de la rue d'Hérode, pourrait correspondre à la fameuse église octogonale dont j'ai déjà parlé. La mosquée Abib-el-Naddjar, près de laquelle nous passons en arrivant chez nous, est-elle l'ancien Panthéon et le temple de la Fortune d'Antioche? Le Tekkèh, que nous laissons à gauche, fut-elle l'église ancienne TOcWa), dont il est si souvent question dans