‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 165 sur 334 · ALEXANDRETTE · texte numérisé non relu

ALEXANDRETTE

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conséquent vingt centimes, ou une piastre et le lait en sus. Le Turc ne veut rien articuler et s'obstine poliment à s'en remettre à ma générosité. Je donne un franc qu'il met religieusement dans sa poche, puis il ajoute en me tendant la main : « Et maintenant le lait. » Cette race est affreuse. Nous l'avons constaté une fois de plus à Beylan, où notre célèbre Gar-bi, qui nous a si odieusement exploités à notre passage, ose venir nous réclamer un baghehich en récompense de ses services. Ce sont des irresponsables. Je me suis mis à rire et le lui ai donné; à sept heures, nous arrivons à Alexandrette. Le dernier paquebot est parti ce matin même. Quand pourrons-nous prendre la mer? Hélas!

Mardi 17 avril.

Nous sommes logés chez des PP. Carmes. Les quatre sont Italiens. Leur désir de nous être agréables n'est pas douteux, mais la perspective de perdre là des jours précieux nous attriste jusqu'à nous énerver outre mesure. Le P. Guillermin nous traite avec de bons discours sur la patience.

Enfin, puisqu'il faut s'installer ici, commençons par nous créer un modus Vivendi tolérable. Les bons Pères se nourrissent de rien. Une oke (1,250 grammes) de mauvais poisson suffît à leur cuisinier pour faire un potage, l'entrée et le rôti. De dessert il n'y en a pas. Ce régime est insuffi-

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