TA USE
protectorat sur les côtes d'Asie Mineure, comme elle l'a fait à Tunis. De distance en distance, et sur des mamelons artificiels, d'anciennes tours carrées rappellent que quelqu'un a voulu établir là, soit une série de signaux, soit une série de gardes. On nous dit que c'est l'œuvre d'Alexandre le Grand et que ces signaux arrivent à Babylone. La plaine est très riche. La rivière Folle, assez peu profonde, peut bien sortir de son lit quand il lui plait et gambader au miUeu des moissons. Une belle vigne, plantée à la française, excite notre admiration. Elle appartient à un de nos compagnons de route, qui nous déclare avoir apporté un homme de France et de Nimes pour la cultiver.
Nous voici à Tarse. L'antique patrie de saint Paul semble n'être plus qu'un vaste et frais jardin. Des bosquets d'orangers, de figuiers, de mûriers, y cachent les maisons. Seuls deux ou trois minarets annoncent qu'il y a là une ville. Elle fut très florissante autrefois. Son école rivalisait avec celles d'Alexandrie et d'Athènes, et elle eut l'honneur de fournir des précepteurs aux maîtres du monde ou à leurs neveux Octave, Marcellus et Tibère. C'est justement à l'un des successeurs de ces fameux maitres d'école, Abib-el-Kouri, un jeune et charmant maronite, que nous sommes adressés. Il nous ménage, auprès du curé grec-catholique, le P. Becherah, dont, comme instituteur, il est l'auxiliaire, la plus sympathique réception. Sa classe est bien tenue. Notre arrivée y provoque une joyeuse