LA MESSE A TARSOUS
Quant aux ornements, il faut les prendre comme ils~sont, la chasuble se trouvant agrémentée d'un col droit brodé d'or et montant jusqu'aux oreilles. M. Vigouroux, qui n'a pu affronter à jeun notre excursion matinale, trouve sa consolation à me servir de clerc. Quant à une assistance de catholiques romains, nous n'y comptions guère. Voici pourtant qu'elle arrive tout à coup aussi nombreuse que choisie. Une caravane des pèlerins français que nous avions laissée en Palestine, il y a un mois, a débarqué à Mersina, et elle vient en dévotion jusqu'à Tarsous. M. Guérin et sa famille sont avec elle. J'éprouve une douce consolation à bénir ce vénérable vieillard et ses enfants, si accomplis qu'ils semblent d'un autre temps et d'un autre monde. Il y a dans le reste de l'assistance quelques grands noms. Qu'importe? Pour moi tout ce qui est Français est grand et me tient au cœur. Je me fais auprès de Dieu l'interprète de ces vaillants chrétiens, et je demande à saint Paul d'appuyer lui-même de toute son éloquence notre supplication commune pour le triomphe de Jésus-Christ et de son Église. Dans sa ville-patrie, l'Apôtre dut offrir souvent le sacrifice que j'offre aujourd'hui, et dont il a écrit : « Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. » Paul vécut quelque temps à Tarse, après ses premières prédications de Damas et de Jérusalem. C'est ici que Barnabe vint le prendre pour le conduire à Antioche. Qu'il ait
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