‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 190 sur 334 · CHEZ UN TISSEUR DE POIL DE CHÈVRE · texte numérisé non relu

CHEZ UN TISSEUR DE POIL DE CHÈVRE

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Nous en avions déjà visités à Adana, mais on comprendra qu'ici même un successeur de ces artisans chez qui Paul apprit à tisser, il y a près de dix-neuf siècles, soit un souvenir qui nous intéresse au premier chef.

Les instruments de tissage se sont-ils perfectionnés depuis lors? Je ne le crois guère, car ils nous paraissent très primitifs. De belles mèches de poils de chèvre sont déposées dans un coin de l'atelier; un homme les prend, les met à sa ceinture et les file. Le fil, qu'il a produit dans un mouvement en arrière, se double par un mouvement en avant et enfin se triple par un nouveau retour en arrière qui lui donne sa forme et sa force définitives. Quand la pelote a le poids voulu, on la dépose dans une corbeille, où un autre ouvrier la reprend pour tisser en parties noires, grises ou rougeâtres, les toiles qui serviront à faire des sacs et des tentes à l'usage des hommes du désert. Le jeune tisseur, que nous trouvons assis à terre et courbé sur son métier, a une tête intelligente et énergique. Il me figure ce petit juif tarsais, à l'âme religieuse, au cœur de feu, au courage indomptable, qui acheva, dans un semblable atelier, son éducation de rabbi en s'initiant à l'un des arts manuels que tout docteur juif devait connaître pour s'assurer la vie matérielle dans un moment critique. Paul fabriqua des tentes à Corinthe, chez le juif Aquilas, d'après les principes qu'il avait reçus ici. Le nom de cilice est resté à ces tissus, dont la Cilicie avait la spécialité.

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