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Une mosquée qu'on nous montre marquerait le site de la maison où saint Paul serait né. Notre docteur italien avec son Plutarque n'a pas paru. A-t-il jugé que son savoir était audessus ou au-dessous de la circonstance? En résumé, ici encore nous n'avons vu personne qui ait quelque notion sérieuse de la ville antique et de ce qui en reste. J'en éprouve de la peine, et, la fièvre se mettant de la partie, je suis mal à l'aise.
A six heures, nous arrivons à Mersina, où le P. Guillermin nous a devancés pour nous préparer une installation au SêvoSo^mov twv 'Em6«tSv. Tous nos remèdes sont dans nos malles, à Smyrne. Je me procure une médecine chez un pharmacien et je me couche. La quinine enlèvera demain ma légère indisposition.
La meilleure auberge de Mersina ne vaut pas grand'chose. On ne sait pas même, à cet ll>'>tcl des Voyageurs, quel peut bien être le vase le plus indispensable dans une chambre de malade ou même de bien portant, et, à toute extrémité, on vous y offre une large caisse de zinc ayant contenu jadis des Palmers ou des Olibets. Sur les neuf heures du soir, durant mes ('solutions obligatoires et prévues, je trouve Le chef cuisinier, qui est peut-être aussi le maître d'hôtel, faisant la toilette de ses pieds sur la table d'hôte, encore dressée, avec un des couteaux à l'usage des voyageurs. La mer mugit. Le temps esl mauvais. De pauvres malheureux grelottent BOUS notre balcon sans pouvoir dormir. Si peu que
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la température se rafraîchisse, les hommes de l'Orient la trouvent glaciale et la supportent péniblement. Je passe moi-même par des péripéties multiples, car, sans m'en prévenir, l'hôtelier a coupé court à mes pérégrinations et limité mon royaume à ma chambre, où M. Vigouroux dort gravement, et au balcon, où le vent de mer souffle en tempête. Je ne veux pas incommoder celui-là, tout en redoutant d'être incommodé par celui-ci. Hôtel des Voyageurs, pourquoi supprimer aussi brutalement à tes hôtes le droit d'aller et de venir? La caisse de Palmers estelle une compensation suffisante à une si flagrante violation du droit des gens? Enfin voici l'aurore libératrice. Je la salue avec enthousiasme, puisqu'elle va nous permettre de sortir d'ici.
Après la messe dite chez les Capucins, nous nous rendons à bord, c'est-à-dire en France, car VAlphée est un bateau français. Le golfe est furieusement agité. Il ne veut pas nous laisser de regrets, et, après nous avoir retenus si longtemps et si mal à propos, il nous congédie par une belle tempête. Nous nous embarquons à travers des lames formidables, et les bateliers se font payer en conséquence.
Je me sens beaucoup mieux. Par contre, mon ami va fort mal. Le bateau, encore à l'ancre, s'abandonne à ces oscillations funestes qui suffisent à jeter le plus vaillant homme du monde dans une prostration générale et semblent l'acheminer vers le suprême anéantissement. J'encou-
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