‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 193 sur 334 · LA MAISON D'UN PACHA A I.OHI · texte numérisé non relu

LA MAISON D'UN PACHA A I.OHI

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toutes les riches cités de la côte asiatique, celleci surtout étonne encore le voyageur par les splendides débris de ses antiques monuments. Le théâtre y est dans un tel état de conservation, qu'il suffirait d'un abat-voix sur la scène et d'un velarium sur l'enceinte, pour permettre d'y donner très agréablement à vingt mille spectateurs une représentation des chefs-d'œuvre d'Aristophane et de Sophocle.

J'avais oublié de dire que nous voyageons avec le pacha d'Alep. Il va à Constantinople avec ses femmes, ses enfants et une partie de sa domesticité. Pour lui, son secrétaire et un iman, il a pris deux cabines près de nous. Pour ses femmes, il a fait dresser une tente sur l'entrepont. Deux eunuques les protègent avec une vigilance féroce contre la curiosité malicieuse de quelques touristes européens. Ces deux étranges serviteurs ont l'un et l'autre la physionomie de leur emploi. Ils se recommandent, celui-là par un sourire de bêtise que sa grande bouche esquisse tristement, celui-ci par la mine sombre que les artistes donnent aux muets, ces terribles bourreaux du sérail. Les moeurs du pacha et de sa suite méritent d'être étudiées de près. Lequel est le plus esclave des femmes que l'on garde, ou de l'homme jaloux qui les fait garder? « Encore un moment, nous dit le capitaine, et vous allez avoir un réjouissant spectacle. Je vois venir un grain qui amènera la débâcle de tout le campement. » Presque aussitôt, en effet, une ondée comme on n'en voit guère qu'aux pays du soleil, s'abat sur le navire.

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